Culture

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L’artiste-peintre Lyzane Potvin : La création sans compromis

Le 04 mai 2022 — Modifié à 18 h 09 min
Par Marie-Ève Lavallée

Après une exposition solo remarquée à Paris l’automne dernier, l’artiste almatoise Lyzane Potvin entame un nouveau cycle de création où la performance en sera au cœur. Cette fois, sa nature humaniste la pousse à se confronter à l’exclusion sociale en vivant un mois dans une cage au centre-ville de Montréal.

« Je veux être un mois dans une cage, jour et nuit, à la Place Émilie-Gamelin à Montréal. L’idée est de vivre de l’intérieur l’exclusion sociale créée par cet emprisonnement afin de provoquer des réflexions sur la misère humaine, » partage-t-elle avec fougue.

Au quotidien, elle vivra sous le regard des passants et interagira avec les gens autour d’elle notamment les sans-abris qui sont fortement concentrés à cet endroit.

Bref, Lyzane ne fera rien d’autre que d’habiter cet espace restreint exigeant patience et endurance.

Lyzane ne s’en cache pas, elle aime heurter, provoquer des émotions chez le spectateur sans pour autant aller dans le sensationnalisme.

En réalité, l’artiste engagée souhaite profondément transformer les mentalités et éradiquer les inégalités. « C’est vraiment ma bataille. »

Même si prendre des risques est une source d’inspiration pour l’artiste, elle les préfère calculés.

C’est pourquoi durant sa performance, elle comptera sur le support de professionnels tel qu’un nutritionniste pour sécuriser sa démarche.

Évidemment, la peintre souhaite documenter l’expérience et en tirer des toiles, des dessins, bref tout ce que cela fera naître en elle.

« Lâcher la bête »

Dorénavant établie à Montréal, Lyzane a vécu près de neuf ans dans la Ville Lumière avant de revenir à ses racines.

Aujourd’hui, elle travaille en étroite collaboration avec le galeriste Gilles Naudin de la Galerie d'Art GNG située à Saint-Germain-des-Prés.

Il faut le dire, le travail de l’artiste-peintre fascine et brille à Paris.

Pour l’heure actuelle, de « sa grotte », la peintre réalise en parallèle d’autres projets qui demeureront fidèles à sa démarche artistique.

« Mon travail livre un message politique et social. Pour ma prochaine série, j’ai envie d’y aborder la guerre, les féminicides en y intégrant des images de nourriture… Le résultat parlera de lui-même ».

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Appartenant au courant néo-expressionniste, les œuvres de « la guerrière » dévoilent un travail très libre de la matière.

« Je travaille à partir de photographies de mes autoportraits. Ensuite, j’interviens avec l’acrylique en soustrayant, en épaississant les textures ou en dessinant aussi. Mes photos sont transformées totalement à la fin. La partie physique de la matière, c’est là que je lâche la bête, » lâche-t-elle en riant.

Enfin, pour fermer le chapitre sur sa dernière série, le lancement d’une monographie de plus de 70 de ses œuvres sera lancé à Montréal le 2 juin prochain à la librairie Le Port de tête.

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