Autocar Jeannois : Les temps sont durs pour l’industrie

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Par Julien B. Gauthier
Autocar Jeannois : Les temps sont durs pour l’industrie
L’industrie de l’autocar, ce sont près de 4 000 emplois directs, un volume d’affaires de 238 M$ annuellement dans plus de 160 entreprises indépendantes qui font rouler 530 autocars sur le territoire québécois, canadien et américain. (Photo : Courtoisie Autocar Jeannois)

Les transporteurs par autobus sont dans le néant le plus total puisque leur relance dépend intrinsèquement du tourisme et du sport, qui n’ont toujours pas de date de reprise. Stéphane Lefebvre, PDG du groupe Autocar Jeannois, craint que plusieurs entreprises de transport, dont la sienne, doivent fermer leurs portes.

Il souhaite que le gouvernement leur donne l’heure juste et qu’il leur fournisse un échéancier.

« Notre industrie sera probablement la dernière à reprendre ses activités. Notre grande préoccupation est de savoir si nous pourrons tenir le coup jusque-là », a expliqué celui qui est également président du conseil d’administration de la Fédération des transporteurs par autobus du Québec.

Le problème, c’est que les transporteurs par autobus ne savent rien. Car tant et aussi longtemps que le sport et le tourisme ne reprendront pas, ils ne pourront ni démarrer leurs activités et encore moins les planifier.

Il ajoute : « C’est 80 % de notre chiffre d’affaires qui se fait dans la période actuelle, où on est complètement arrêtés. Au moment où la crise a éclaté, on sortait de notre période tranquille. »

Aucune liquidité

Le manque de liquidité ne permet pas aux transporteurs de supporter les salaires et les bénéfices marginaux s’y rattachant, selon Stéphane Lefebvre (Photo Trium Médias – Archives)

Un autobus au coût de 700 000 $ qui ne roule pas coûte très cher aux entreprises de transport. L’entretien mécanique doit se poursuivre afin que le véhicule puisse être prêt à repartir.

« C’est 100 000 $ par année juste à ne pas bouger. On n’a aucune liquidité qui entre, on a de grosses infrastructures. On continue à payer nos frais fixes. Nos équipes mécaniques restent sur place, car tant qu’on n’est pas prêts à redémarrer, ils doivent être entretenus », a-t-il ajouté.

Dans le néant

« On a des pertes catastrophiques depuis le mois de mars et pour les mois à venir, mais ce qui fait encore plus mal, c’est qu’on est incapables de planifier quoi que ce soit. On n’a rien d’établi, on est actuellement en train de mettre en place des mesures sanitaires, mais encore là, il faut avoir l’approbation de la Santé publique. »

Selon Stéphane Lefebvre, il faudrait s’inspirer du modèle aérien, qui lui, reprend graduellement ses activités.

Mais il faudra tout de même s’assurer de la rentabilité d’un autocar rempli à faible capacité.

« Combien de personnes on va pouvoir rentrer dans nos véhicules? Est-ce qu’on va être en mesure de rentabiliser ces voyages? On ne sait pas encore sur quoi tabler, c’est ça qui est difficile », a-t-il conclu.

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