Changements climatiques : Les producteurs de bleuets devront s’adapter

Par Serge Tremblay
Changements climatiques : Les producteurs de bleuets devront s’adapter
Anna-Marie Devin, agronome et conseillère en agroenvironnement au Club Conseil Bleuet, a fait état de l’impact possible des changements climatiques sur la culture du bleuet sur un horizon de 2050. (Photo : Trium Médias - Serge Tremblay)

Les changements climatiques bouleverseront sans doute les habitudes des producteurs agricoles. Et le bleuet n’en sera pas exempt alors que de nouveaux avantages et risques émergeront.

C’est ce qui ressort d’une présentation faite par l’agronome Anna-Marie Devin, du Club Conseil Bleuet, à l’occasion de la Journée Bleuet qui avait lieu la semaine dernière à Dolbeau-Mistassini.

En travaillant sur les bases d’un scénario moyen d’augmentation de la présence de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, les spécialistes ont estimé qu’en 2050, le Saguenay-Lac-Saint-Jean aura gagné environ 1,5 degré Celsius.

Cela veut dire que le premier gel de l’année sera retardé à la mi-octobre et que la durée d’enneigement diminuera de 32 jours avec un couvert de neige 25 % moins épais. Les hivers devraient être accompagnés de davantage de redoux et de pluie.

« Il y aurait alors augmentation des risques de gel hivernal des bourgeons et des rhizomes. Les redoux plus fréquents pourraient aussi fragiliser le plant et les conditions seront favorables à une meilleure survie des parasites et champignons », a indiqué Anna-Marie Devin.

Printemps et été

Selon ce même scénario, les étés promettent également d’être plus chauds. Le nombre de jours où la température sera de 30 degrés augmentera à 10 en 2050, contre 3 en 2017.

Le déficit hydrique des plants, soit la différence entre les besoins de la plante et la disponibilité de l’eau dans le sol, augmentera de l’ordre de 35 %.

« On s’attend à une quantité de pluie semblable, mais davantage sous forme d’orage, ce qui fait que l’eau ruisselle et ne s’infiltre pas dans le sol. Le déficit hydrique est alors en hausse. »

Avec ces conditions, la végétation du plant pourra démarrer plus tôt en saison et bénéficiera d’une plus longue période de croissance, mais les risques d’érosion des sols et de lessivage des engrais et pesticides seront plus importants au printemps.

Le bleuet pourra arriver à maturité plus rapidement, toutefois, il est difficile de prévoir comment les conditions de température pourront affecter la récolte du fruit pour les producteurs. De nouveaux ravageurs pourraient aussi faire leur apparition.

Adaptation

Chose certaine, les producteurs devront mettre en place des mesures pour s’adapter à la réalité des changements climatiques. Notamment, l’installation de haies brise-vent et de nouvelles méthodes de fauche pourront assurer de meilleures conditions d’enneigement pour protéger les plants pendant l’hiver.

Cependant, plusieurs questions demeurent sans réponse pour le moment et devront faire l’objet de recherches plus approfondies. Les rendements seront-ils les mêmes, la qualité du fruit sera-t-elle impactée, sera-t-il nécessaire d’irriguer davantage?

La culture du bleuet au Saguenay-Lac-Saint-Jean promet assurément d’évoluer dans les prochaines décennies.

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