Concessionnaires automobiles : Les ventes explosent et pénurie en vue

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Par Julien B. Gauthier
Concessionnaires automobiles : Les ventes explosent et pénurie en vue
Nicolas Gervais, directeur général d’Alma Volkswagen, constate que les gens arrivent au concessionnaire préparés, informés et déterminés. (Photo : Trium Médias - Julien B. Gauthier)

Si la période de confinement a été une traversée du désert pour les concessionnaires automobiles de la région, le retour graduel à la vie normale a fait exploser les ventes de véhicules neufs et usagers. Ceux-ci s’inquiètent même de subir des problèmes d’approvisionnements au cours de l’été.

« Le mois de mai, c’est un record historique de ventes pour notre concession. En 10 ans d’existence, on n’a jamais vu ça », s’étonne Nicolas Gervais, directeur général d’Alma Volkswagen.

Pour ce concessionnaire, le mois de mai 2020, comparativement à mai 2019, a engendré une augmentation de 20 % des ventes, si bien que le retard accumulé pendant le confinement,où les ventes étaient très basses, est presque rattrapé.

Du côté du groupe Jean Dumas, qui regroupe Mitsubishi, Kia et Hyundai, on constate la même chose. « Tout était fermé durant la crise. Je sens que le confinement a donné le goût aux gens de s’acheter quelque chose. De plus, il y avait de belles promotions », explique pour sa part Dave Bradette, copropriétaire. Ce dernier a constaté une hausse de 30 % de ventes en mai 2020, comparé au même mois de l’an dernier.

Problèmes d’approvisionnement

Les manufacturiers automobiles ont été contraints eux aussi de cesser leurs activités. À l’heure actuelle, ils n’ont toujours pas repris leur production à 100 %. Selon les estimations de Dave Bradette, il sera extrêmement difficile de se procurer une voiture en juillet et en août.

« J’ai peur qu’on ne soit pas capable de livrer la demande. Peut-être qu’on va en avoir, mais peut-être pas exactement ce que le client recherche. Il pourrait devoir faire certains compromis », affirme-t-il.

« Les productions ont été coupées, donc éventuellement, en juillet, on avoir certains modèles qui vont être plus difficiles à trouver, notamment dans les VUS. Le CX30, qui est un nouveau modèle, les approvisionnements sont plus difficiles de ce côté », explique pour sa part Mélanie Gagné, directrice des ventes chez Alma Mazda.

Chez Alma Volkswagen, on est contraints de s’approvisionner auprès des plus gros concessionnaires de Québec et de Montréal. Et ce n’est pas une mince tâche puisqu’ils n’aiment pas partager leurs inventaires.

« On a de la misère à aller les chercher dans leurs cours parce qu’ils ne veulent pas nous les laisser. Eux, ils ont la chance d’être tellement forts qu’ils sont tous allés chercher les voitures. C’est dur, dur, dur, de dealer avec ceux », déplore Nicolas Gervais.

Une solution de rechange pour la clientèle pourrait être de se tourner vers les voitures usagers, dont le taux de roulement est plutôt fort. « On va s’en sortir parce qu’on développe un nouveau marché, au niveau de l’usager. C’est quelque chose qui vire énormément, peut être même plus dans le futur », ajoute-t-il.

Les gens magasinent différemment

Les stocks de véhicules diminuent graduellement, car les usines n’ont pas recommencé leurs activités totalement. Les clients devront faire preuve de patience. (Photo Trium Médias – Julien B. Gauthier)

Selon les concessionnaires automobiles, la crise a forcé les clients à repenser leurs habitudes de consommation, et pour le mieux. Dorénavant, le magasinage se fait quasi exclusivement sur le web et le client sait ce qu’il veut.

Cette tendance se met graduellement en place depuis trois ans environ, mais la crise a créé un électrochoc qui pourrait perdurer dans le temps. Fini l’époque où les clients visitaient les quelque dix concessionnaires sur l’avenue du Pont Sud un par un! Dorénavant, le client sait ce qu’il veut dès qu’il entre en boutique.

« Ils communiquent par texto, courriel, Messenger, ils prennent rendez-vous sur notre site web. Ils sont plus soucieux et nous demandent quelles mesures sanitaires nous avons en place. C’est vraiment particulier comment ça se passe. C’est plaisant pour les clients et pour nous. C’est sécuritaire pour tout le monde », se réjouit le directeur général de Dupont Auto, Christian Veilleux.

Une économie de temps

Les concessionnaires constatent que les gens qui arrivent en boutique sans trop savoir ce qu’ils veulent sont de plus en plus rares.
Les concessionnaires constatent que les gens qui arrivent en boutique sans trop savoir ce qu’ils veulent sont de plus en plus rares.

Dave Bradette du groupe Jean Dumas constate que ces nouvelles façons de faire permettent d’économiser beaucoup de temps, tant pour les vendeurs que pour les clients. Là-bas, le taux de conclusion de vente, dit « closing », atteint parfois les 70 %, alors qu’il était de 30 % avant la crise. « Je pense que les gens vont continuer de magasiner en ligne dans le futur », prévoit-il.

Nicolas Gervais d’Alma Volkswagen abonde dans le même sens que ses homologues. « Le web est hyper fort. C’est là-dessus que les gens visitent nos concessions. On a eu énormément de trafic sur nos plateformes et vraiment moins en concessions. La crise a accéléré un processus qui allait se faire sur plus longue haleine. C’est pas mal plus bénéfique pour nous et pour le client. Ils ont l’heure juste plus rapidement et n’ont pas besoin de se déplacer. Les clients arrivent déjà préparés », se réjouit-il.

Oportunités

Selon Daniel Duchesne, de Duchesne Auto, cette période est une occasion idéale pour se procurer une voiture à bas prix, car les concessionnaires souhaitent écouler ce qu’ils ont déjà en stock, à défaut de pouvoir en commander.

« Il y a beaucoup de rabais avec les bas taux d’intérêts, ce qui donne des offres incroyables. Les gens n’auront peut-être pas la couleur qu’ils veulent, mais c’est une belle occasion. Par ailleurs, le marché de l’usager est une belle alternative ».

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