Éco-Luzerne : La luzerne du Lac-Saint-Jean prête pour le marché américain

William Fradette
Éco-Luzerne : La luzerne du Lac-Saint-Jean prête pour le marché américain
Denis Riverin,directeur général d’Éco-Luzerne. (Photo : TRIUM MÉDIAS - William Fradette)

Éco-Luzerne d’Hébertville-Station n’attend pas après la demande américaine pour bouger. Son usine produit dorénavant une luzerne biologique 100 % jeannoise et écologique destinée en grande partie aux États-Unis.

L’entreprise, méconnue du public et transformant la luzerne pour la consommation animale, a fait le saut ce printemps dans l’arène biologique. Le marché a un vaste potentiel économique et la région pourrait devenir un joueur encore plus important, par la qualité de sa luzerne et sa situation géographique avantageuse.

C’est du moins ce qu’Éco-Luzerne croit, malgré les risques encourus.

« C’est un risque d’entrer dans un nouveau marché, mais on prend les devants », a déclaré le directeur général, Denis Riverin.

Il évalue que près du quart de ce que l’entreprise a produit cette année se qualifie pour les normes biologiques.

Haute valeur ajoutée

Si dans le secteur de l’alimentation les productions biologiques ont le vent dans les voiles, la luzerne transformée, destinée au bétail ou aux chevaux, demeure non essentielle pour les agriculteurs. Cependant, pour les exploitants d’ici, il s’agit d’un produit à haute valeur ajoutée.

Questionné quant au rôle de cette plante dans les pénuries de foin, Denis Riverin a voulu nuancer.

« Lorsqu’elle meurt, la luzerne a l’avantage de laisser de grosses racines qui revivifient le sol en se décomposant. C’est donc une bonne chose d’en planter, et pas seulement parce qu’elle se vend bien. »

Pôle important

Hébertville-Station, malgré sa petite taille, héberge l’un des plus gros joueurs nord-américains pour cette plante. L’usine d’Éco-Luzerne est la seule du genre dans l’est du Canada et n’a réellement de compétiteurs que de l’autre côté de la frontière.

« Une grande partie de ce qui est produit ici est envoyée aux États-Unis et notre plus proche concurrent se trouve à Guelph, en Ontario », a expliqué Denis Riverin, soulignant au passage que l’usine sera l’une des deux seules en Amérique à vendre une luzerne bio. Grâce au positionnement déjà favorable en ce qui a trait au transport, ce virage confère à la région une place enviable dans l’industrie agricole nord-américaine.

Un gros joueur sur la scène nord-américaine

Une partie des installations d’Éco-Luzerne.

Sans que cela ne se sache trop, Éco-Luzerne transforme, ensache et vend la luzerne d’ici partout au Québec et aux États-Unis. Un secret bien gardé à Hébertville-Station.

Assez discrète, Éco-Luzerne est pourtant l’un des gros joueurs du continent. Les produits qu’elle commercialise, de la luzerne déshydratée et compressée en granules ou petits cubes, se vendent à travers l’Amérique.

Une bonne partie du bétail, des chevaux et même des lapins qui se trouvent dans l’est de l’Amérique du Nord mangent de la luzerne faite à Hébertville-Station.

« Ce que j’aime ici, c’est qu’on apporte de l’argent dans la région, on exporte aux États-Unis et l’on ne consomme pas beaucoup ici. C’est de l’argent nouveau », a confié Denis Riverin, le directeur général, fier de l’entreprise que lui et quelques personnes ont reprise en 2010.

Principalement tournée vers la consommation animale, Éco-Luzerne produit bon an mal an 7 000 tonnes de luzerne transformée, entièrement grâce à la récolte de cette plante chez les agriculteurs du Lac-Saint-Jean, de Saint-Henri-de-Taillon à Chambord.

Jusqu’à présent, la coupe de luzerne est bonne pour les partenaires d’Éco-Luzerne, mais la météo a retardé de deux semaines, au mois de juin, les récoltes. La plante doit être la plus sèche possible pour être amenée à l’usine d’Hébertville-Station et la pluie a rendu la logistique plus ardue.

Main-d’œuvre

Bien que ses affaires soient essentiellement saisonnières et qu’elle évolue dans un domaine très spécialisé, Éco-Luzerne réussit à trouver la main-d’œuvre nécessaire à ses opérations. Dans sa vingtaine d’employés, elle engage entre autres des étudiants en ingénierie pour afin d’épauler ses quatre postes permanents de l’entreprise.

Elle compte également sur le maillage avec d’autres exploitations saisonnières pour conserver ses salariés le plus longtemps possible.

D’autre part, l’usine est à la fine pointe de la technologie. Ses systèmes informatiques lui permettraient d’être opérée sans problème avec seulement deux employés.

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