Fermeture du Petit Pétrin : « Je suis vraiment triste, mais je me sens vraiment libérée »

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Par William Fradette
Fermeture du Petit Pétrin : « Je suis vraiment triste, mais je me sens vraiment libérée »
Mireille Fortin a accepté de se confier au Journal Lac-St-Jean. Elle a ouvertement affiché faire de l’épuisement professionnel. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) décrit le phénomène par un sentiment de fatigue intense et une perte de contrôle. (Photo : Trium Médias - William Fradette )

La boulangère propriétaire Mireille Fortin a annoncé il y a deux semaines que le Petit Pétrin ne rouvrira pas ses portes. Frappée d’un burnout, c’est devant les centaines de réactions sur les médias sociaux qu’elle a accepté de partager son histoire.

Depuis près de neuf ans, le Petit Pétrin s’était bâti une solide réputation chez les Almatois. La boulangerie, qui avait pignon sur la rue Collard, n’était pas supposée fermer lorsqu’un congé d’un mois avait été annoncé en août.

« La fermeture n’était pas prévue ; j’ai pris la décision une semaine avant la réouverture, j’étais à bout », a confié Mireille Fortin. Diagnostiquée d’un épuisement professionnel, elle admet que ça n’a pas été facile, mais qu’attendre l’aurait forcée à fermer tôt ou tard.

Burnout

Mireille explique que dès le premier jour, elle a été dépassée par le succès du commerce.

« Ça me stressait que ça devienne gros ; j’aimais ça tout petit. Je ne m’en plains pas, mais devoir satisfaire m’amenait de la pression. De l’extérieur ça l’air facile et beau, mais c’est une accumulation de choses ».

Un burnout a fini par la rattraper. « J’étais toujours heureuse de voir mes clients, mais à la fin j’avais un masque de sourire ».

Fière

À l’aube de la quarantaine, Mireille Fortin considérait son commerce comme sa progéniture. « Je n’ai pas d’enfant, le Petit Pétrin c’était mon bébé ». Elle ajoute à la blague que c’était devenu un ado qu’elle n’avait plus la force de contrôler.

« Je suis quand même très fière, je vois bien que les gens aimaient ce qu’on faisait ». Elle admet que fermer une entreprise qui « roulait » l’attristait énormément, elle avoue tout de même se sentir libérée.
Les centaines de messages de soutien reçu l’ont beaucoup touché. Très émotive en parlant de ceux-ci, elle les a qualifiés de « magnifiques ».

Repos

Sur son futur, la femme a insisté sur l’importance de s’arrêter. Elle affirme avoir refusé plusieurs offres d’emplois, et prendra du temps pour elle, aussi longtemps que ses économies le lui permettront.

« Tout est à vendre sauf le nom, parce qu’on ne sait jamais, mais si je devais recommencer un jour, ce serait pour quelqu’un. Je suis une boulangère, pas une propriétaire. J’ai vraiment besoin d’un break.

Changement de mentalité

Mireille Fortin trouvait important de lancer un message sur son métier. Les boulangers travaillent tard le soir pour que le pain soit prêt le lendemain matin. Cette vieille pratique ne colle toutefois plus à la réalité d’aujourd’hui.

« Il faut changer la mentalité et ne plus travailler de nuit. Tu n’as pas de vie, tu es toujours en décalage horaire. D’autres boulangeries fonctionnent très bien avec un horaire de jour ; le pain est prêt à midi au lieu de 7 h »

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alphonse belanger
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alphonse belanger

Pas facile mais je te comprend bye

Judith
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Judith

Je suis désolé pour vous , reprenez vos forces et votre rêve en main je sais que pourriez le faire a l’horaire dont vous parliez dans votre témoignage ! Soyez de celles par qui le changement peut se produire et être pour le mieux pour le plus grand nombre de gens. Faites – le selon votre convenance………….