La reprise économique sera longue : Aucun secteur d’activité n’a été épargné par la pandémie

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Par Julien B. Gauthier
La reprise économique sera longue : Aucun secteur d’activité n’a été épargné par la pandémie
L'avenue du Pont Sud, l'un des artères commerciaux importants d'Alma. (Photo : Trium Médias - Julien B. Gauthier)

La pandémie a impacté l’ensemble des entreprises de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, sans exception. La reprise économique pourrait prendre des mois, voir des années avant de revenir à la normale.

C’est le constat que dresse Martin Belzile, directeur général par intérim de la Corporation d’innovation et développement Alma – Lac-Saint-Jean-Est (CIDAL).

Les entreprises les plus impactées sont les entreprises de service, telles que le commerce de détail, les restaurants et les soins personnels (esthétique, coiffure).

« Toutefois, ce qu’il faut savoir, c’est que le commerce de détail avait déjà des enjeux particuliers avant la crise, particulièrement au niveau de la main-d’œuvre », fait valoir Martin Belzile.

Le taux de chômage a beau être élevé (17 %), il n’est pas plus facile pour les entrepreneurs de se trouver des employés. Sans en être la principale cause, la Prestation universelle d’urgence (PCU) a son rôle à jouer.

« Selon certains entrepreneurs, la PCU semblait avoir un facteur qui défavorise ou n’encourage pas les gens à retourner au travail. Maintenant, les bénéficiaires de la PCU sont transférés sur l’assurance chômage, ce qui va apporter de la stabiliser. »

Même les entreprises essentielles manufacturières ayant fermé pendant seulement deux semaines ont subi des contrecoups au niveau logistique, notamment en raison des retards de paiement de leurs clients.

« Certaines entreprises manufacturières n’ont pas eu de baisse de revenu. En revanche, leurs clients et leurs fournisseurs décident d’étaler leurs paiements ou leur livraison, car ils souhaitent sauver les meubles de leur côté »

Industrie touristique

L’industrie touristique a toutefois pu tirer son épingle du jeu. Les frontières étant fermées et les déplacements à l’extérieur du Québec étant diminués, les régions, et particulièrement le Saguenay-Lac-Saint-Jean ont su tirer son épingle du jeu.

Les hôtels de la région ont un taux d’occupation semblable à celui des années précédentes, tandis que les terrains de camping sont pleins à craquer, dépassant la moyenne annuelle.

« La saison touristique vient mettre un peu de baume sur la plaie, car le moral n’était pas très élevé au début de la crise. En mai, on pensait qu’il n’y allait tout simplement pas avoir de saison ».

Seconde vague

Martin Belzile veut se faire rassurant. La CIDAL se dit prête à aider les entreprises, en collaboration avec les partenaires gouvernementaux et locaux, advenant une deuxième vague.

« La première vague nous a préparés pour la deuxième. On a les outils financiers et on travaille en étroite collaboration avec nos partenaires des ministères et avec les élus locaux. C’est évident que si une seconde vague survient, le milieu sera mobilisé », conclut-il.

La COVID a favorisé un tournant numérique, selon la CIDAL

Martin Belzile est le nouveau directeur général par intérim de la Corporation d’innovation et développement Alma – Lac-Saint-Jean-Est (CIDAL) (Photo : Archives)

La pandémie de la COVID-19 n’a pas eu que des effets négatifs, selon Martin Belzile. En effet, celle-ci a forcé les entreprises à revoir leurs façons de faire pour atteindre leur clientèle, notamment en accélérant le passage au numérique.

C’est particulièrement le cas pour les restaurants, qui ont dû s’adapter rapidement à livraison, dans un contexte où l’argent liquide était à proscrire. Celles-ci ont dû faire l’acquisition d’équipement de paiement direct par carte.

Les entreprises qui n’avaient pas l’habitude d’afficher une présence web ont également dû s’adapter à leur clientèle, soit en créant un site web ou une page sur les réseaux sociaux afin de l’informer sur ses services et ses produits, à défaut de pouvoir l’accueillir sur place.

« Les entreprises qui avaient des visées stratégiques, telles que prendre un virage numérique, elles sont parties de moins loin. Pour d’autres, qui n’avaient pas entamé ces réflexions, ça leur a permis d’aller de plein feu vers ces technologies. Celles qui étaient peu présentes en ligne le sont beaucoup plus », explique Martin Belzile directeur par intérim de la CIDAL.

Relance économique

La CIDAL a annoncé en juin dernier son plan de relance économique consistant en une aide permettant de rembourser 50 % des coûts engendrés par la mise en place de mesures sanitaires, pour le virage numérique et pour l’accompagnement professionnel.

Jusqu’à présent le tiers des entreprises ayant eu recours à ce fond l’ont fait pour le remboursement de frais associés au virage technologique, tandis que 50 % d’entre elles l’ont fait pour les frais engendrés par l’application des normes sanitaires. Ce fond représente jusqu’à maintenant 370 000 $ d’investissements de la CIDAL.

Aide d’urgence aux PME

Pendant la crise, l’organisme de développement économique a aussi mis en place un fonds d’urgence aux petites et moyennes entreprises ayant permis d’investir 1,2 M$ dans les entreprises de la MRC, strictement pour les fonds de roulement. Celui-ci accorde des prêts allant jusqu’à 50 000 $ à 0 % d’intérêt.

Selon Martin Belzile, ce fonds d’urgence est de plus en plus populaire en raison de la diminution graduelle de l’offre d’aide des gouvernements provincial et fédéral.

« L’un des grands problèmes actuellement, c’est le manque de liquidités. Parce que les entreprises ont été confinées, elles ont perdu des ventes et des clients. Les frais fixes et les hypothèques ont continué. Certes, il y a eu des moratoires, mais éventuellement, elles doivent rembourser. »

 

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