Le cri du cœur d’un transporteur à bout de souffle

Julien B. Gauthier - Journaliste de l’Initiative de journalisme local
Le cri du cœur d’un transporteur à bout de souffle
Stéphane Lefebvre, PDG du groupe Autocar Jeannois, n’a jamais rien vécu de tel. Les 45 autocars sont immobilisés à Montréal et à Alma. (Photo : Trium Médias - Julien B. Gauthier)

Depuis le début de la pandémie, le chiffre d’affaires du groupe Autocar Jeannois a diminué de 95 %, engendrant des pertes de plus de 1 M$. Le président-directeur général, Stéphane Lefebvre, déplore que l’industrie soit mise de côté par les gouvernements provincial et fédéral.

Les entreprises de transport nolisé doivent payer des sommes colossales au niveau des frais fixes, notamment pour l’entretien des autocars, explique-t-il.

« Tout ce qu’on peut avoir comme aide, c’est l’aide générale à laquelle toutes les entreprises ont accès, soit la subvention salariale. Ce sont des prêts pour payer des salaires et non des aides directes. On a des frais fixes qui continuent. Il faut payer l’entretien minimum, maintenir nos garages en place, nos locations et maintenir nos baux. On doit continuer à payer ces frais fixes malgré l’absence de revenus », ajoute celui également président de la Fédération des transporteurs par autobus (FTA).

Frais fixes

Hormis un léger redémarrage pendant l’été pour des compétitions sportives, le volet transport nolisé de l’entreprise jeannoise est en arrêt depuis le début de la crise en mars. Les 45 autocars sont tous immobilisés dans la cour des succursales d’Alma et de Montréal.

Une poignée de véhicules sont toujours immatriculés au cas où il y aurait de la demande. À l’échelle du Québec, les 500 autocars de transport nolisé sont en arrêt complet. Du jamais vu, selon Stéphane Lefebvre.

« Des autobus qui ne circulent pas, c’est pire. On les bouge un peu de temps en temps, mais c’est insuffisant. Ça ne fait pas en sorte qu’ils ne briseront pas. Il faut quand même entretenir ces gros véhicules-là, qui sont habitués de faire de gros trajets. Lors du redémarrage, il faudra changer les freins sur toutes les roues ainsi que tout le système de courroies », ajoute-t-il.

Faire partie de la relance

En plus d’une aide spécifique pour le transport nolisé touristique, Stéphane Lefebvre espère que le gouvernement du Québec offrira une place à l’industrie lors de la relance économique.

« On veut participer aux futurs rassemblements. On va avoir besoin de spectacles, de divertissements, de sports, de festivals, de tourisme étranger. Et ça, le gouvernement va avoir besoin de nous pour réaliser l’objectif d’une relance », lance-t-il.

Il ajoute que le transport nolisé, qui permet le déplacement de 56 personnes simultanément facilitera la réalisation du Plan pour une économie verte 2030.

Annoncé le 16 novembre par Québec, le plan a notamment comme objectif de réduire de 37,5 % des GES d’ici 10 ans.

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