Économie

Temps de lecture : 2 min 27 s

Le monde du travail en changement

Le 17 juin 2022 — Modifié à 15 h 32 min le 22 juin 2022
Par Mélyna Girard

Le recrutement, un défi de tous les instants

Stéphanie ­Guérin-Tremblay, stratège en ressources humaines et en marketing chez G0 RH, brosse le portrait du marché de l’emploi au ­Saguenay-Lac-­Saint-Jean où, comme partout au ­Québec, le recrutement de personnel représente un défi de taille.

« ­Le manque de ­main-d’œuvre touche vraiment tous les secteurs d’activité, peu importe la grosseur des entreprises », affirme d’emblée la spécialiste en ressources humaines.

Bien que les premiers signes ont pu être observés dès 2017, la « pénurie des talents » a été exacerbée par la pandémie, ­poursuit-elle.

« À partir de 2017, on affichait des postes, mais on ne recevait plus de ­CV. Et évidemment, ça s’est accentué depuis la pandémie. »

Stéphanie ­Guérin-Tremblay mentionne également le phénomène de la « ­Grande démission », qu’elle illustre par un ensemble de statistiques.

« 65 % des ­Canadiens envisagent actuellement de quitter leur poste. C’est une hausse considérable de 16 %, comparativement au score de l’an passé qui était de 49 %. Ensuite, 61 % des employeurs anticipent de nombreux départs, alors que seulement 39 % ont bon espoir de pouvoir retenir leurs talents. C’est encore plus marqué chez les jeunes alors que plus de 60 % des 18 à 34 ans envisagent de démissionner, contre 48 % chez les 35 à 54 ans. Finalement, 56 % des employés de 18 à 24 ans ont laissé entendre qu’ils étaient prêts à quitter leur boulot si ­celui-ci nuit à leur ­bien-être. »

Le salaire moins important qu’on le pense

Essentiellement, le marché de l’emploi actuel en est un en faveur des employés qui, plus que jamais, ont l’embarras du choix.

Ainsi, il revient aux employeurs de se montrer attrayants afin d’attirer le personnel, mais aussi, et surtout même, de le retenir.

Or, contrairement à certaines idées préconçues, il apparaît que le salaire n’est pas aussi déterminant que l’on puisse le penser alors qu’il est « souvent la 3e ou 4e cause des départs des employés. La première étant soit le climat de travail, soit la relation avec l’employeur ou le supérieur direct. »En ce qui a trait aux facteurs de rétention, le premier est la conciliation famille/travail, qui peut être favorisée par le télétravail et les horaires flexibles, notamment.

Expérience employé

Dans un marché de plus en plus compétitif, « l’expérience employé », soit « la somme de tout ce qu’un employé éprouve tout au long de son lien d’emploi avec l’entreprise », est à ne pas négliger.

Elle se traduit par la qualité du climat et de l’environnement de travail ainsi que par les outils offerts aux employés pour bien effectuer leurs tâches, et est importante tant pour retenir les employés actuels que pour en attirer de nouveaux. C’est qu’encore aujourd’hui, plusieurs embauches découlent du ­bouche-à-oreille.

« ­Il faut se soucier de comment un ancien employé peut témoigner de son expérience au sein de son réseau, notamment au sein des médias sociaux. Disons qu’avec l’Internet, ce n’est pas long qu’une réputation peut prendre le bord. »

Marque employeur

Enfin, ­Stéphanie ­Guérin-Tremblay met l’accent sur la « marque employeur », laquelle regroupe « l'ensemble des facteurs distinctifs pour lesquels un candidat potentiel choisirait de se joindre à une organisation plutôt qu’à une autre, et aussi pourquoi les employés actuels décident d’y rester. Il s’agit de l’ADN de l’entreprise, de ses valeurs, de sa culture, de son histoire, de son identité. »

Selon Stéphanie Guérin-Tremblay, bien définir et bien communiquer l’ensemble de ces éléments, à l’interne comme à l’externe, confèrera à l’entreprise un pouvoir d’attraction et de fidélisation beaucoup plus grand.

 

Le Cahier EntrePreneurs est une initiative de Trium Médias, en collaboration avec le journal Les Affaires. Dans les éditions trimestrielles (avril, juin, septembre et novembre) se trouveront des articles touchant directement les enjeux et défis du monde des affaires.

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