Projet Elysis: une suite logique pour Alma

Julien B. Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Projet Elysis: une suite logique pour Alma
Marc Asselin, estime que l’implantation d’Elysis vient consolider la position d’Alma comme chef de file dans la production d’aluminium vert. (Photo : Trium Médias – Julien B. Gauthier)

Pour Marc Asselin, le fait qu’Elysis choisisse l’usine Alma pour implanter sa technologie d’aluminium sans émission de gaz à effet de serre est une suite logique. Avec son usine d’extrusion et sa volonté d’attirer des PME pour la deuxième et troisième transformation, il estime que la région sera un chef de file mondial.

« La performance de l’usine a fait en sorte que c’était pour eux le meilleur choix. L’usine d’Alma a une grande renommée, elle est classée parmi les meilleures. Dû à l’hydroélectricité, c’est déjà l’une des plus vertes au monde », affirme-t-il, peu surpris, mais enthousiaste.

Il croit par ailleurs que la qualité de la main-d’œuvre a grandement influencé Elysis à choisir l’usine Alma à travers les dix alumineries canadiennes.

« Les compétences du personnel, qui ne provient pas seulement d’Alma, mais de toute la région, ont beaucoup joué dans le dossier. »

Investissements de Québec

Le ministère des Finances du Québec a annoncé le 20 avril un investissement de 20 M$ pour la réalisation de la phase recherche et développement d’Elysis, une entreprise cofondée par Rio Tinto et Alcoa.

Selon Marc Asselin, cet investissement vient confirmer la viabilité de l’aluminium vert, qui compétitionnera à travers le marché mondial où la Chine, l’Inde et la Russie occupent une grande place, mais dont les normes environnementales y sont beaucoup moins strictes.

Le syndicat craint des pertes d’emploi

Le président du syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, Sylvain Maltais, se réjouit de cette annonce, mais il craint d’éventuelles pertes d’emploi.

C’est que les anodes inertes qui seront produites dans le cadre du projet Elysis durent jusqu’à 30 fois plus longtemps que les anodes au carbone.

« Le tiers des emplois de l’usine d’Alma sont reliés à la production d’anodes. Quel sera leur cycle de vie? Ça va représenter quoi en termes de main d’œuvre? Combien de monde ça va prendre pour produire des anodes? Combien de temps ça prendra pour faire des changements d’anodes et à quelle fréquence? Pour l’instant, on n’a pas de réponse à nos questions », se questionne-t-il.

Pour combler les pertes d’emploi, le syndicat exige que Rio Tinto investisse pour produire davantage d’anodes au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« C’est bien que le gouvernement vienne supporter le projet. Par contre, le gouvernement, comme nous le syndicat, on doit exiger ensemble de Rio Tinto qu’ils investissent pour produire ici les anodes et tous les équipements qui en sont reliés. Faut pas se ramasser à avoir développé la technologie ici, et qu’on produise ces anodes-là ailleurs, notamment aux États-Unis. »

 

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