Économie

Temps de lecture : 1 min 55 s

Quand le transfert d’entreprise rime avec…

Le 30 juin 2022 — Modifié à 08 h 48 min
Par Mélyna Girard

Choc générationnel

Transférer une entreprise d’une génération à une autre peut s’avérer être un processus long et laborieux. Les visions qui s’opposent peuvent parfois être une source de conflit. C’est notamment pourquoi plusieurs experts recommandent d’être bien accompagnés lors du processus.

C’est n’est pas une cachette : bon nombre de propriétaires d’entreprises partiront à la retraite au cours des prochaines années. Plusieurs devront donc trouver une relève afin d’occuper le ou les postes laissés vacants.

Cette même relève, issue d’une autre génération, arrive parfois avec la tête pleine d’idées qui s’entrechoquent avec la vision du cédant.

Ceci mène parfois à un conflit, rendant le transfert long et pénible et pouvant même menacer ses chances de succès.

L’accompagnement : une nécessité?

L’accompagnement lors du transfert d’une entreprise demeure libre à chacun, mais plusieurs points sont à considérer.

« Certains cédants sont déjà très bien entourés et sentent qu’ils n’ont pas besoin d’accompagnement. Toutefois, certains se rendent compte qu’il y a des problèmes en cours de route, des conflits entre cédants et repreneurs qui ont des visions différentes. On voit ça souvent », fait valoir Marie-Josée Drapeau, professeure entrepreneuriat et PME à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Celle-ci recommande de faire affaire avec des professionnels ou des firmes spécialisées dans le transfert d’entreprises. Il y en a quelques-unes au Québec : le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ) en est un bon exemple.

« Souvent, les repreneurs vont avoir eu une formation informelle et vont se sentir démunis une fois en poste. Ils n’ont pas nécessairement suivi de cours pour apprendre à devenir entrepreneurs. »

Elle ajoute : « Bon nombre de propriétaires ont bâti eux-mêmes leur entreprise, souvent à partir de rien. Ils ont appris par eux-mêmes. C’était dans un contexte où les emplois se faisaient rares, complètement à l’opposé d’aujourd’hui. Ils étaient – et sont encore – très attachés à leur entreprise », souligne-t-elle.

Durée

Il n’y a pas de durée standard pour un transfert d’entreprise. Cependant, de manière générale, un transfert vers un repreneur familial est beaucoup plus long qu’un repreneur interne et externe.

« Le transfert peut prendre 10 ans. Les enfants sont identifiés longtemps d’avance. L’interne est moins long, mais a aussi besoin d’accompagnement, car ce n’est pas parce que tu connais bien l’entreprise que tu sais la gérer. Enfin, un transfert à l’externe est le plus court, mais le repreneur a tendance à garder le cédant à ses côtés le plus longtemps possible », conclut Marie-Josée Drapeau.

Transférer une entreprise à un repreneur peut parfois mener à un conflit en raison des deux visions qui s’opposent.

 

Le Cahier EntrePreneurs est une initiative de Trium Médias, en collaboration avec le journal Les Affaires. Dans les éditions trimestrielles (avril, juin, septembre et novembre) se trouveront des articles touchant directement les enjeux et défis du monde des affaires.

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