Rio Tinto injecte 160 M$ pour remplacer les vannes de sa centrale d’Isle-Maligne

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Rio Tinto injecte 160 M$ pour remplacer les vannes de sa centrale d’Isle-Maligne
Centrale Isle-Maligne
Rio Tinto remplacera 20 vannes de sa centrale hydroélectrique d’Isle-Maligne à Alma, au Lac-Saint-Jean, au coût de 160 M$. L’équipementier régional Canmec a décroché l’important contrat qui représente un «défi majeur» sur le plan technique.

Le projet, qui fournira de l’emploi à 50 travailleurs pendant cinq ans, permettra de remplacer 20 vannes qui datent de la construction de l’ouvrage hydroélectrique en 1926. Les retombées de cet investissement sont estimées à 115 M$ par Rio Tinto.

Les travaux dirigés par Canmec doivent débuter en avril 2021. La centrale située sur la rivière Grande-Décharge est la plus ancienne du réseau hydroélectrique de Rio Tinto et contribue à alimenter en électricité les alumineries de la multinationale au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«On a toujours maintenu un calendrier d’entretien sur ces vannes, mais aujourd’hui, on doit les remplacer pour remettre au niveau standard d’ingénierie d’aujourd’hui», a expliqué Stéphane Larouche, directeur de la division Énergie électrique de Rio Tinto, lors d’une conférence de presse tenue en ligne jeudi.

Les vannes sont des équipements servant à couper le débit d’eau de façon sécuritaire, lorsque cela est nécessaire, dans la centrale permettant une production annuelle allant de 325 à 350 mégawatts.

Un «défi majeur» pour Canmec

L’ingénierie, la fabrication et l’installation des 20 vannes et treuils reliés au projet par Canmec représentent pour l’équipementier de Chicoutimi un «contrat régional d’envergure», a pour sa part mentionné Rémi Roy, président de l’organisation.

La réalisation du contrat représentera également un «défi majeur» pour l’ingénierie et l’installation des vannes, des pièces qui pèsent quelque 100 000 livres chacune. Les vannes de type papillon requises pour la centrale, qui sont «très rares» pour un barrage hydroélectrique au pays, ajoutent au défi technique du projet.

«Presque 100% de notre opération va être ici, locale», a souligné M. Roy, en précisant que toutes les étapes du projet impliqueront des employés régionaux de l’entreprise.

Le dirigeant de Canmec a souligné la fierté de son équipe de pouvoir mettre son expertise à profit dans la région. «En hydroélectrique, nos contrats sont rarement locaux. On est très loin actuellement, on est à 650 kilomètres au nord de Winnipeg, on est au nord de l’Ontario, on est à La Romaine», a-t-il donné en exemple.

Canmec, qui travaille avec Rio Tinto depuis une trentaine d’années, aura recours aux services d’Inter-Cité Construction de Chicoutimi pour la portion civile du projet.

Le contrat tombe à un bon moment pour Canmec, qui complète actuellement d’autres contrats importants. Il est toutefois difficile pour Rémi Roy d’évaluer la création directe d’emplois qui seront reliés au remplacement des vannes.

Un avantage concurrentiel

Sébastien Ross, directeur exécutif des opérations de Rio Tinto au Québec, a pour sa part rappelé l’importance du réseau hydroélectrique pour l’entreprise dans la région.

«Nos centrales sont des actifs stratégiques pour Rio Tinto et nous permettent d’avoir un avantage concurrentiel pour continuer à produire de façon rentable de l’aluminium à faible empreinte carbone de la plus haute qualité», a-t-il exprimé.

Rio Tinto a investi 70 M$ en moyenne par an dans sa division Énergie électrique, au cours des 10 dernières années.

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