Sonerco à l’Ascension : Régis Laforge à la quête d’une relève

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Par Julien B. Gauthier
Sonerco à l’Ascension : Régis Laforge à la quête d’une relève
Régis Laforge veut « tester » le marché avec cette mise en vente. Toutefois, pas question pour lui de fermer boutique. (Photo : (Photo Trium Médias – Julien B. Gauthier))

La station-service et le dépanneur Sonerco de l’Ascension-de-Notre-Seigneur sont à vendre. À 61 ans, son propriétaire, Régis Laforge songe de plus en plus à sa retraite. Les citoyens de la municipalité peuvent toutefois être rassurés : pas question pour lui de fermer boutique.

Tant qu’il ne trouvera pas preneur, il demeurera à la tête de l’entreprise qu’il dirige depuis 39 ans.

Vendre une station-service n’est pas une mince tâche, admet Régis Laforge, qui tente l’exercice pour une troisième fois. Il insiste, il veut surtout « tester le marché », au cas où une bannière l’approcherait. Ses attentes sont modestes. Il a déjà offert à Sonerco et à Ultramar de l’acheter, mais en vain. « Ils veulent du beau, du bon et du pas cher », estime-t-il.

Pour mettre son entreprise en vente, il doit se mettre aux normes, ce qui est coûteux.

« Ça fait mal. À chaque fois que je la mets en vente, ça me coûte 35 000 $. Il faut refaire les certificats de localisation, les puits d’observation pour voir si le sol est contaminé, l’évaluation de la bâtisse, le piquetage du sol… C’est une fortune! Et c’est sans compter l’inventaire, le comptable… »

Il assure que le commerce est tout à fait rentable et que la clientèle est fidèle. La mise en vente n’a aucun lien avec la pandémie.

Coups bas

Régis Laforge est fier d’avoir conservé son indépendance malgré les « coups bas » qu’il continue de subir de la part de l’industrie. (Photo Trium Médias – Julien B. Gauthier)

En 2015, Régis Laforge avait fait les manchettes à l’échelle du Québec, car il avait décidé d’abaisser le prix de son essence à 6 ¢ moins cher que les concurrents, déclenchant ainsi une guerre des prix.

Même s’il s’est attiré la sympathie des automobilistes, qui partaient parfois de Saguenay pour l’encourager, il s’est fait des ennemis et cette réputation lui colle encore à la peau.

Il dénonce par ailleurs les nombreux « coups bas » qu’il continue de recevoir de l’industrie.

« Je ne peux plus baisser mon essence comme je le faisais avant. Les compagnies de gaz m’ont réservé des coups bas. Quand je commande du carburant et que le prix est bon, que je sais qu’il va descendre de 3 ¢ par exemple, comme par hasard, ils n’ont jamais de camion ou de chauffeur disponible! Ça fait un an qu’ils me jouent dans le dos », déplore-t-il.

Malgré tout, Régis Laforge garde le cap. Pas question d’abandonner ce qui lui tient le plus à cœur : son indépendance.

« Il faut vivre dans le domaine pour le voir. J’ai survécu au travers des requins. Moi, j’ai mon indépendance. Pour les autres, c’est l’ordre du gros monsieur en haut qui gère ses consignataires. Si j’étais en consigne, je serais obligé de mettre le prix qu’ils me disent. Quand tu as de la consigne, tu as de la collusion. »

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