Travaux au Parc national de la Pointe-Taillon : Une première phase prometteuse

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Par Julien B. Gauthier
Travaux au Parc national de la Pointe-Taillon : Une première phase prometteuse
Une aire de feu se trouve à l’endroit exact où se trouvait le camp de « touage » d’Abitibi-Consolidated, rendant ainsi hommage à la défunte papetière. (Photo : Courtoisie SÉPAQ)

Mise en valeur des îles, 70 espaces de camping, 10 espaces de prêt-à-camper, boutique, centre de location et bien plus encore, la première phase des travaux d’expansion s’annonce prometteuse pour les amateurs de plein air et de camping. Trium Médias s’est rendu sur place, dans le secteur du Camp-de-Touage-les-Îles afin de constater l’évolution des travaux.

Ce nouvel emplacement de camping, d’une superficie de 2 km², comprendra également un centre de services qui servira de bloc sanitaire et de salle communautaire, d’un atelier-entrepôt, d’un garage pour la location d’embarcations et permettra d’accéder à de petites plages. Le parc national prévoit aussi l’embauche de six à neuf personnes pour la première année.

Le secteur du Camp-de-Touage-les-Îles comportera 70 terrains de camping avec et sans service et 10 prêts-à-camper Étoile. (Photo : Courtoisie SÉPAQ)

L’expansion en est à sa première phase, donc il n’est pas exclu qu’il y ait d’autres améliorations dans les prochaines années. Selon les estimations de la SÉPAQ, 15 000 personnes supplémentaires seront attendues annuellement uniquement dans ce secteur, 10 000 dans le secteur des Amicaux et 5000 sur les îles.

Il s’agit notamment du plus gros investissement de l’histoire du parc, qui a ouvert ses portes en 1985. À lui seul, le secteur Camp-de-Touage-les-Îles représente 5 M$ d’investissements. Dans son ensemble, l’expansion du parc national représente 11 M$, soit 7,4 M$ pour les routes et 3,5 M$ pour la mise en valeur des secteurs.

Ouverture en 2021

Les travaux seront en grande partie complétés d’ici la fin août. La clientèle devra toutefois attendre à la fête des Patriotes en 2021 avant d’accéder au secteur du Camp-de-Touage-les-Îles.

En effet, la pandémie et l’arrêt des chantiers de construction pendant six semaines a causé des retards. Les réservations étaient d’ailleurs déjà débutées, mais le la direction du parc a dû procéder à des remboursements.

Elle aurait pu décider de l’ouvrir tout de même, mais l’embauche du personnel aurait été problématique.

« Ça serait possible, car on pense à une livraison d’ici la fin août, mais le problème, c’est qu’on n’aura pas de personnel. Et embaucher pour seulement trois semaines, je ne pense pas que ce soit une bonne idée », explique François Guillot, directeur général de l’établissement.

Mise en valeur des îles

Le parc national entend également mettre en valeur cinq îles qui serviront de camping rustique : la grosse île Verte, l’île Connelly, l’île des Cauchon, les îles à Tremblay et l’île Beemer.

« Le but est de les rendre accessibles et de les protéger en tout temps. Elles seront notamment accessibles par kayak, mais la clé, c’est la mise en place d’une navette nautique. Éventuellement, on va lancer un appel d’offres pour faire affaire avec un partenaire », ajoute-t-il.

L’aménagement des îles Beemer et Conneley devrait débuter bientôt.

« Il y a du travail à faire de caractérisation environnementale, mais on va commencer à faire de l’aménagement sur les îles probablement à l’automne », ajoute François Guillot.

Un travail de longue haleine

Le futur centre d’accueil servira de bloc sanitaire, de boutique, d’aire de pique-nique. (Photo : Trium Médias – Julien B. Gauthier)

L’ouverture du nouveau terrain de camping et l’aménagement des îles constituent le parachèvement d’un travail de longue haleine dont les origines remontent en 2005, alors que la MRC de Lac-Saint-Jean-Est avait soumis le projet à la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ).

Le décret ministériel transférant au Parc national de la Pointe-Taillon ce territoire appartenant jadis la MRC de Lac-Saint-Jean-Est a été promulgué en janvier 2017, tandis que le projet a été officiellement annoncé en 2018 par Québec.

François Guillot, directeur général de l’établissement tient d’ailleurs à souligner le travail de la MRC dans l’élaboration du projet d’expansion.

« Je travaille au Parc depuis 2004, ça fait depuis 2005 que je travaille sur ce projet avec la MRC. Il faut le rappeler. Ce projet-là est une idée et une initiative de la MRC. Les idéateurs, les gens qui ont fait les démarches, c’est vraiment la MRC. »

De son côté, le maire de Saint-Gédéon, Émile Hudon a tenu à saluer la collaboration entretenue avec la SÉPAQ dans ce dossier.

« C’est dans le collimateur. On a une très bonne collaboration de la SÉPAQ. Ce que j’ai vu des installations, ce sera un très beau secteur. Ce qu’on a à coordonner avec eux, c’est l’aspect circulation, les ententes diverses pour l’eau potable, car c’est nous qui allons la leur fournir », explique-t-il.

Un hommage à un lieu historique

Le secteur du Camp-de-Touage-les-Îles se veut également un hommage à un lieu ayant appartenu à la papetière Abitibi-Consolidated, que la MRC de Lac-Saint-Jean-Est a acquis en 2002 à des fins récréotouristiques pour une somme symbolique.

Le nom « touage » trouve son origine du mot à connotation anglophone « tower », comme dans remorqueur, qui était utilisé à l’époque du flottage, méthode de transport de bois utilisée jusqu’en 1996 par la compagnie.

« À cet endroit, il y avait des bâtiments et des quais. C’est là que les remorqueurs d’Abitibi Consol étaient basés et qu’ils « towaient » les pitounes. Ils ramassaient le bois qui arrivait de la rivière Péribonka et le « towaient » avec des gros bateaux-remorqueurs jusqu’à l’usine à Alma », explique François Guillot.

Ce faisant, à l’endroit précis où était le camp d’Abitibi-Consolidated, une aire de feu de camp et de pique-nique a été mise en place afin de rappeler ce qui s’y trouvait, rendant ainsi hommage aux travailleurs et à la défunte usine.

 

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