Une année pleine de rebondissements pour l’industrie forestière

Julien B. Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Une année pleine de rebondissements pour l’industrie forestière
Le prix du bois a connu plusieurs variations en 2021. Après être redescendu à la normale, voilà qu’il repart en hausse en cette fin d’année. (Photo : Trium Médias - Archives)

L’année 2021 n’a pas été de tout repos, particulièrement pour l’industrie forestière. Après une hausse du prix en début d’année et chute drastique à l’été, voilà qu’il repart à la hausse. Et c’est sans compter le conflit du bois d’œuvre avec les États-Unis, qui continue de donner des maux de tête aux entreprises québécoises et canadiennes.

Alors que le prix du 2×4 a débuté l’année à 1 100 $ le millier de pieds pour atteindre 2 000 $, il s’est effondré à aussi peu que 500 $ en août. Pour le consommateur, ce soulagement aura été de courte durée, alors que l’année 2022 sera marquée par un retour à la hausse.

« En 2021, la demande en rénovation a été multipliée par quatre. Ç’a été un record historique pour la construction. D’autant plus que les prix étaient à un sommet stratosphérique. Ça avait pris 12 mois pour qu’il atteigne les 2 000 $, mais seulement deux mois pour qu’il redescende à 500 $. C’est du jamais vu », fait valoir Jean-François Samray, président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ).

Conflit du bois d’œuvre

Le conflit économique avec les États-Unis, qui dure depuis 40 ans, persiste malgré l’arrivée de Joe Biden. Washington vient d’ailleurs d’annoncer son intention de doubler les droits sur les importations de bois d’œuvre canadien pour 2022, ce qui les fera passer de 9 % à 18 %.

Au même moment, les États-Unis manquent de bois et ne sont pas en mesure répondre suffisamment à la demande pour de nouvelles constructions.

« Il manque de bois aux États-Unis. Ils sont en retard de 6 millions de maisons à construire. Pourtant, certains joueurs font venir leur bois d’Europe plutôt qu’ici. C’est un non-sens, puisque les chaines de production sont très bien intégrées entre les deux pays. On a des fournisseurs d’équipements qui sont des deux côtés de la frontière. »

Saguenay–Lac-Saint-Jean

Jean-François Samray souligne que l’année a été plutôt positive pour la région, notamment avec des investissements de 50 M$ à l’usine Arbec de l’Ascension, la reprise de production à l’usine Nordbord de Chambord de même que des investissements de 7 M$ à la Scierie de Petit-Saguenay.

Cependant, comme dans bien des secteurs de l’économie, la pénurie de main-d’œuvre affecte l’industrie. Toutefois, le PDG du CIFQ demeure optimiste.

« Il y a environ 25 % des effectifs à combler. Plusieurs initiatives, dont le <@Ri>Collectif pour une forêt durable<@$p>, semblent porter fruit. Ça stimule beaucoup l’intérêt pour les formations dans le secteur forestier, particulièrement au cégep et à l’université », conclut-il.

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