Enfant avec le trouble du spectre de l’autisme : Le casse-tête d’une famille

Enfant avec le trouble du spectre de l’autisme : Le casse-tête d’une famille

Crédit photo : Trium Médias, Isabelle Tremblay

Le moindre changement de routine a l’effet d’une bombe pour une famille d’Alma qui doit composer avec un enfant atteint du trouble du spectre de l’autisme.

Les parents de Noémie Simard marchent sur des œufs du matin au soir pour ne pas la perturber. Lorsqu’elle est contrariée, elle peut fuguer de la maison.

Il y a plus d’un an, elle a même décidé de ne plus aller à l’école parce qu’on voulait lui imposer de mettre ses nouvelles espadrilles alors qu’elle souhaitait porter ses Crocs ou ses bottes. La direction de la polyvalente qu’elle fréquentait dit avoir tenté de travailler son opposition, mais sans succès. Noémie a été invitée à aller réfléchir chez elle et elle n’a jamais voulu retourner en classe.

«Il faut faire attention à tout ce que l’on dit et à tout ce que l’on fait », témoigne sa mère, Lucie Munger. Depuis que son père a réparé les escaliers qui mènent au sous-sol, Noémie veut déménager et changer de famille. « J’ai peur, je ne veux pas descendre en bas », dit-elle.

Diagnostics

Cette réalité à laquelle sont confrontés Mme Munger et son époux Claude Simard, touche des centaines de familles dans la région. Alors que la forte majorité des enfants reçoivent leur diagnostic lorsqu’ils sont âgés de 4 à 6 ans, Noémie avait 17 ans lorsque le verdict est tombé. Elle était hospitalisée pour faire ajuster sa médication. Puisqu’elle s’est habituée à son rythme de vie à l’hôpital, à elle demande chaque jour à ses parents d’y retourner.

Outre le trouble du spectre de l’autisme, Noémie a un retard moteur, une agénésie du corcaleu partielle, un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité et un trouble de l’opposition généralisé. Elle a le même âge mental qu’un enfant de 8 ans, selon ses parents. Malgré tout, cette Almatoise est brillante comme tout et elle est consciente qu’elle est différente des autres.

 

La SQ en renfort

Noémie Simard est bien connue par les policiers du poste de la Sûreté du Québec d’Alma et les intervenants d’Info-Santé.

Le 15 octobre, elle s’est enfuie de la maison pendant plus de quatre heures, après que ses parents aient voulu lui imposer une conséquence puisqu’elle refusait de porter ses lunettes qui venaient de se faire réparer. Noémie ne tolérait pas la soudure sur une branche.

Frustrée, elle a fait une fugue. Il pleuvait à boire debout. « J’ai marché longtemps je suis allée dans un club vidéo », se souvient-elle. Elle a finalement téléphoné chez elle pour demander à ses parents d’aller la chercher. «J’étais morte d’inquiétudes. Plusieurs policiers essayaient de la retrouver », relate Lucie Munger.

Noémie porte maintenant ses lunettes, mais à la condition que du ruban adhésif soit fixé à la monture. Sa mère prévient qu’elle lui en achètera une nouvelle paire à la fin du mois, ce que la jeune conteste vivement.

Du 911 au 811

Lorsqu’elle était plus jeune, Noémie téléphonait le 911 à toute heure du jour et pour des motifs qui ne nécessitaient pas le déploiement de services d’urgence. Ses parents devaient parfois cacher les téléphones pour éviter qu’elle commette une bourde.

« Les policiers et ambulanciers arrivaient parfois en pleine nuit à la maison. On faisait vraiment le saut quand ils nous réveillaient », précise son père, Claude Simard.

« Même si des appels s’avéraient non fondés, les policiers répondaient avec le même professionnalisme à chaque fois », précise Hugues Beaulieu, porte-parole de la SQ.

Lorsqu’elle a besoin de parler, elle se réfère maintenant aux intervenants du 811.

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