Procès de Stéphanie Turcotte: la juge Johanne Roy rendra sa sentence le 6 janvier

Ce matin, au palais de justice d’Alma, la juge Johanne Roy a écouté avec intérêt les plaidoiries de Me Jessie Bérubé en défense qui a tenté de démontrer que l’accusée Stéphanie Turcotte n’a pas commis d’acte illégal. Son confrère du ministère public, Me Maxime Dion, s’est quant à lui longuement attardé à démontrer les contradictions évidentes du témoignage de Stéphanie Turcotte et de son ex-ami de cœur, Luc Bélair, pour faire la démonstration que dans son attitude et son comportement, Stéphanie Turcotte est coupable des trois chefs d’accusations qui pèsent contre elle en rapport avec la mort d’Isabelle Duguay, à Desbiens, dans la nuit du 3 au 4 juin 2008.

Stéphanie Turcotte subit son procès depuis lundi et doit répondre à des accusations d’homicide involontaire, de négligence criminelle ayant causé la mort et de trafic de stupéfiants.

Après quelque deux heures d’audition des plaidoiries, la juge Johanne Roy a demandé qu’on lui transmette dans les plus brefs délais la transcription de quatre témoignages clefs dans cette affaire, dont ceux de Stéphanie Turcotte et de Luc Dallaire.

En défense, Me Bérubé a longuement insisté sur l’importance de faire la preuve hors de tout doute raisonnable, ce qui, sur plusieurs points, n’a pas été démontré par la Couronne.

Se référant aux événements de juin 2008, Me Bérubé a dépeint Stéphanie Turcotte comme une femme qui était alors dépendante de l’alcool, de la drogue et de son ami de cœur, Luc Bélair.

Elle a ensuite insisté sur le fait que Stéphanie Turcotte et Luc Bélair n’avaient pas eu de contacts entre juillet 2008 et aujourd’hui et qu’il ne pouvait avoir conclu une entente pour dire la même chose.

En outre, il persiste un flou sur qui, de Stéphanie Turcotte ou Luc Bélair, a fourni la dose mortelle d’héroïne à Isabelle Duguay.

Sur ce point, attendu le doute raisonnable, Me Bérubé réclame l’abandon des chefs d’accusations contre sa cliente.

Contradictions

Me Dion a pour sa part fait référence à presque tous les témoignages entendus depuis le début de la semaine pour démontrer les contradictions.

Notamment, il a déposé à la juge une liasse de sept décisions d’autres tribunaux portant sur le lien causal où des cas de drogues ayant causé la mort sont associés avec la notion d’homicide involontaire.

Il a longuement insisté sur les témoignages de la pathologiste Carole Néron et du biochimiste, le Dr Michel Lefebvre, qui sont venus démontrer qu’Isabelle Duguay a consommé une dose fatale d’héroïne.

De ce fait, la question est de savoir qui a fourni la drogue en question.

Sur cette question, il a relevé des éléments du témoignage de Stéphanie Turcotte où elle a mentionné « mon » héroïne ou encore « notre » héroïne, drogue qu’elle partageait avec Luc Bélair.

Il a également démontré comment Stéphanie Turcotte était consciente du danger d’une telle drogue et comment elle a été négligente. Après qu’Isabelle Duguay ait eu consommé la dose préparée, le couple Bélair/Turcotte a quitté la pièce une trentaine de minute tout en laissant sur la table le reste de la drogue non consommée.

À leur retour, c’est là qu’ils ont réalisé l’état d’Isabelle Duguay, qu’ils ont appelé le 911 et que le dossier a suivi son cours jusqu’à aujourd’hui.

Me Dion a pris soin de mettre la juge en garde contre le témoignage de Luc Bélair qu’il ne croit pas du tout.

Avant de conclure sa plaidoirie, se tournant vers les membres de la famille d’Isabelle Duguay présents dans la salle, Me Dion leur a adressé un message d’espoir tout en précisant : « J’ai appris à la connaître et elle va rester dans mon cœur. »

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