Une étude sur le deuil en temps de pandémie à l’UQAC

Yohann Harvey-Simard
Une étude sur le deuil en temps de pandémie à l’UQAC
(Photo : Pixabay)

Comment vit-on la perte d’un proche en contexte de pandémie? C’est l’une des grandes questions auxquelles tenteront de répondre le professeur de l’UQAC, Jacques Cherblanc, et ses collègues chercheurs au terme de l’étude qu’ils mènent actuellement sur le deuil.

« On s’est dit que les circonstances sociosanitaires imposées aux personnes en fin de vie et aux endeuillés devaient vraisemblablement avoir des impacts négatifs sur le vécu du deuil », rapporte le professeur agrégé à l’Unité d’études religieuses, éthique et philosophie de l’UQAC, Jacques Cherblanc. C’est du moins une hypothèse que l’étude doit confirmer ou infirmer.

L’étude tentera également de déterminer dans quelle mesure les rites funéraires contribuent à prévenir les complications liées au deuil.

« On sait que les complications du deuil peuvent mener à des troubles psychologiques et même physiques : insomnie, stress, problèmes cardiovasculaires, etc. », renchérit d’ailleurs Jacques Cherblanc.

Jacques Cherblanc possède un doctorat en science politique de même qu’en sciences des religions. Il est également directeur du Laboratoire d’expertise et de recherche en anthropologie rituelle et symbolique.

Hausse des décès

Selon l’Institut de la statistique du Québec, en 2020, ce sont 74 550 personnes qui sont décédées au Québec, soit une hausse de 10% par rapport à 2019. Une situation qualifiée d’exceptionnelle.

« Selon les modèles habituels de la Santé publique, pour chaque personne défunte, on compte généralement cinq personnes endeuillées », fait remarquer Jacques Cherblanc.

Si bien qu’en 2020, le nombre de personnes endeuillées au Québec s’élevait à plus ou moins 372 750.

De ce nombre, Jacques Cherblanc souhaite recruter le plus de gens possible. Lui et son équipe collecteront des données durant un an et demi à partir d’une enquête en ligne et d’entretiens semi-dirigés. La participation s’étend à tous les francophones canadiens. Les personnes intéressées peuvent d’ailleurs s’inscrire à l’étude à l’adresse suivante : http://www.uqac.ca/covideuil/.

Recommandations

« On veut avoir des données le plus rapidement possible pour pouvoir faire un transfert de connaissance auprès des soignants d’ici début juin. »

De plus, l’étude doit aussi permettre d’énoncer un certain nombre de recommandations s’adressant aux décideurs de la Santé publique.

« On veut pouvoir influencer les décideurs de la Santé publique afin que les besoins des personnes endeuillées soient mieux pris en compte dans l’établissement des mesures. Peut-être qu’il y a des ajustements à faire au niveau de la tenue des rites funéraires par exemple. »

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