Le REM : Plus gros contrat à vie pour BPDL

Le REM : Plus gros contrat à vie pour BPDL

Crédit photo : Photo Trium Médias - Isabelle Tremblay

Les trains du Réseau express métropolitain (REM) circuleront sur des structures préfabriquées par Béton préfabriqué du Lac (BPDL). L’entreprise familiale jeannoise a décroché son plus gros contrat à vie.

Depuis octobre, quelque 200 travailleurs de l’usine de Drummondville sont mobilisés pour faire des voussoirs. Ce sont d’immenses pièces de béton dont le poids est de plus de 50 tonnes chacune. « Celles-ci seront déposées sur des piliers de béton coulés sur place, afin de constituer la partie surélevée de la structure sur laquelle roulera le train électrique du REM », indique Robert Bouchard, le grand patron de la compagnie.

BPDL devra préfabriquer 4 563 voussoirs d’ici décembre 2021. « À ce jour, nous en avons 24 de produites. Nous sommes au tout début du projet. Le pont Champlain à Montréal était notre plus gros chantier, mais celui-ci est encore plus gros », précise le président-directeur général de BPDL.

Pont Champlain et échangeur Turcot

Béton préfabriqué du Lac a été impliqué dans la construction du pont Champlain dans les deux dernières années.

Réalisé au coût de 100 millions de dollars, le contrat a pris fin en septembre dernier. « Quand les gens rouleront sur le prochain pont Champlain, ils pourront dire que le tablier sous la membrane et l’asphalte ainsi que les piliers est constitué d’éléments de béton fait par BPDL, » se réjouit l’homme d’affaires. Il ajoute que son entreprise a aussi eu le mandat de faire tous les éléments de béton servant au tablier de l’échangeur Turcot.

11 Hoyt

D’ici le printemps prochain, 635 voyages de camion auront quitté Alma en direction de Brooklyn. Les équipes de l’usine située sur le boulevard Maurice-Paradis, à Alma, sont à préfabriquer les murs qui orneront le 11 Hoyt.

Il s’agit d’une tour à condos de 57 étages, dont l’architecture et le design sont uniques. « On fait venir des fenêtres de l’Italie par bateau. Une fois qu’elles arrivent à Montréal, elles sont livrées ici (Alma), les employés les insèrent dans les panneaux et on les envoie ensuite à Manhattan. C’est un projet de grande visibilité à New York », termine Robert Bouchard.

 

Des projets à la tonne

Les employés des différentes usines d’Alma réalisent plusieurs autres projets.

Ceux de l’usine sur la rue Bombardier ont travaillé, entre autres, sur deux édifices hôteliers : le Mariott situé au Rhode Island et le projet Methodist à New York.

À l’usine GFRC,située sur la rue Sicard, les employés travaillent présentement sur 100 Vandam et 17 Jane, deux projets situés à New York.

L’usine d’acier  BP dessert toutes les usines du groupe au niveau des ancrages.

L’usine de Versi- Moules, située sur la rue Bombardier, s’occupe de la fabrication des moules pour toutes les usines du groupe.

Pour faciliter l’embauche d’immigrants 

« Il faut mettre en place de petits quartiers », Robert Bouchard

Robert Bouchard ne prédit rien de moins que le ralentissement ou même la fermeture d’entreprises si les gouvernements ne facilitent pas la délivrance de permis de travail pour immigrants afin de répondre à la pénurie de personnel qui frappe actuellement la province.

La situation est plus criante à l’extérieur de la région, mais les craintes de M. Bouchard portent également sur les usines almatoises de BPDL. « D’ici 15 ans, nous n’aurons plus suffisamment d’employés pour faire fonctionner nos usines. Présentement, la main-d’œuvre est stable et ça va bien :  mais nous ferons face à plusieurs départs à la retraite au cours des prochaines années et cela risque de se compliquer. »

« Petits quartiers »

Robert Bouchard propose la formation de petits quartiers près des lieux de travail pour permettre aux gens en provenance de l’étranger de mieux s’intégrer dans leur nouveau milieu de vie. « Ils ne peuvent pas arriver seuls, ils ont beaucoup de nouveaux repères à trouver et ensemble, ils ont la force de l’entraide. De plus, il ne faut pas oublier que le travail est le meilleur outil d’intégration qui soit puisqu’il leur permet de s’adapter, d’apprendre la langue et d’acquérir une indépendance et de la dignité ».

« Ces ressources ont besoin que l’on crée des infrastructures où elles pourraient vivre à proximité les unes des autres, un peu comme les Guatémaltèques qui sont à l’emploi des Serres Toundra, à Saint-Félicien, » ajoute-t-il.

Une quarantaine d’immigrants composent les quelque 200 employés de l’usine de Drummondville de BPDL. « On est en train de créer une petite communauté d’immigrants là-bas et c’est à peu près la même chose du côté du Massachusetts, où la moitié de notre personnel est composée de Portugais » cite en exemple la responsable des ressources humaines, Stéfany Bouchard.

Pour réussir à trouver tout ce personnel, la compagnie a dû compter sur ses propres efforts pour faire du réseautage et l’opération a été une réussite. « Depuis un an, nous avons rencontré à peu près tous les organismes en lien avec l’immigration à travers le Québec pour recruter des immigrants, et ça n’a tout simplement rien donné. Puis, nous sommes rentrés en contact avec un Brésilien qui a créé un lien avec les immigrants de sa communauté. Cela a fait boule de neige et permis des embauches massives. Enfin, depuis décembre, nous avons déniché une ressource qui a activé le réseau des immigrants de l’île de Montréal et l’initiative continue à porter fruit » termine Robert Bouchard.

Un apport économique « monstre » pour la région

BPDL, c’est plusieurs dizaines de millions de dollars américains qui entrent dans la région annuellement.

«Au cours des six derniers mois, presque 100% de notre production almatoise est allée aux États-Unis. Cet argent est majoritairement réinvesti ici et ce sont les gens de chez nous qui en profitent », se réjouit Robert Bouchard.

Bon an mal an, BPDL achète pour plusieurs millions de dollars en divers matériaux et services dans la région et la province.

L’entreprise jeannoise fournit des emplois de qualités, bien rémunérés à quelques centaines de personnes sur une base annuelle.

En gros …

  • BPDL a été constitué en 1976 et soulignera ses 43 ans d’existence cette année. Quelque 650 employés sont à l’emploi de l’entreprise à travers la province, dont 200 sont répartis à Alma.
  • « La direction de l’entreprise se réjouit d’avoir une main-d’œuvre de qualité en région avec un fort sentiment d’appartenance », insiste Robert Bouchard.

 

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