Garderies : un éternel débat

Par Daniel Migneault
Garderies : un éternel débat

ENFANTS. Il y a quelques semaines, je dénonçais ouvertement l’orientation prise par le gouvernement du Québec de couper dans l’éducation, principalement aux niveaux primaire et secondaire. Comme société, si on veut une jeunesse solide qui formera la société de demain, elle se doit d’être bien éduquée. Cette semaine, le même débat est relancé, mais cette fois-ci au niveau des garderies.

Je l’ai déjà abordé dans ces lignes, j’ai trois enfants qui fréquentent une garderie en milieu familial subventionnée. Avec la hausse des tarifs annoncée, c’est près de 2000 $ de plus que je devrai payer sur mon rapport d’impôt puisque la contribution supplémentaire sera demandée à ce moment. On peut se consoler avec la hausse de la Prestation universelle de garde d’enfants qui vient compenser en partie ce montant et par les différents allégements fiscaux, comme les crédits pour un REER, qu’on peut demander pour éviter d’avoir à débourser.

Le débat lancé cette semaine porte sur le réseau public versus le réseau privé. Une étude du comptable Pierre-Yves Mcsween, dévoilée par Radio-Canada, montre que le réseau public coûte 240 M$ de plus que s’il était géré par le privé. Parallèlement, on annonçait également des coupes de 74 M$ pour les garderies.

On peut faire dire ce qu’on veut aux chiffres. Il y a certainement des économies à faire dans le réseau public, ce que ne nie pas l’Association des CPE. Mais, les normes diffèrent dans le réseau privé et les salaires y sont souvent moins élevés.

Comme mentionné plus tôt, nos enfants sont très précieux et il faut payer un juste prix pour aider les éducatrices, qui jouent un grand rôle dans leur cheminement, à accomplir leur mission. Il y a aussi plus de normes et de surveillance pour le réseau public et cela a un prix. Après mûre réflexion, j’accepte de payer ce juste prix. Mais, rappelons-le, cette mission ne se substitue pas à celle des parents.

Public versus privé

Présentement, les CPE sont en période de renouvellement pour les places qui se libéreront cet automne avec l’entrée à l’école des enfants. Il semblerait que le renouvellement est plus difficile, car le réseau privé, pour lequel le parent peut aussi obtenir une subvention, devient aussi avantageux et même plus pour certains parents.

Il ne faut se le cacher, en matière de service de garde, on a véritablement un réseau à deux vitesses depuis une vingtaine d’années, avec les avantages et les inconvénients que cela comporte.

Initialement, les centres de la petite enfance devaient s’adresser d’abord et avant tout à des clientèles vulnérables. On peut dire sans se tromper qu’il n’y a pas que ces clientèles qui fréquentent les CPE. Il est clair que le gouvernement veut donner plus de place au secteur privé et ne développera plus le réseau public.

Est-ce que c’est ce qu’on veut comme société? À vous de répondre à la question. Mais, une chose est certaine, je n’anticipe pas de raz-de-marée humaine dans les rues pour s’opposer à ces décisions. Car peu importe les appels à la mobilisation qui sont lancés de nos jours, la plupart demeure lettre morte…

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