Les temps changent et les grosses compagnies rempirent

Rédaction

La semaine dernière,  le président et chef de la direction de l’Association  de l’aluminium du Canada, M. Jean Simard, a déclaré à Radio-Canada : « que le monde a changé, c’est à nous de s’inscrire dans le changement». Je suis bien d’accord avec lui. C’est vrai que les temps changent, mais il y a une chose qui ne change pas dans notre système économique, c’est qu’on nous a habitué au fait : « que les profits sont privés et que les déficits sont publiques ». Mais voilà, que ce n’est plus suffisant semble-t-il.

Le passage à l’industrie 4.0, et les politiques de soutien financier, selon M.Simard : « ne peuvent être ancrés sur une base d’emploi par dollar, et doivent plutôt être fondées sur la création de richesse ».

Non seulement, les grosses compagnies ne veulent pas partager les profits, elles veulent que l’État assume les risques liés à leur modernisation. Quant au partage de cette richesse, elle doit revenir entièrement aux actionnaires et aux dirigeants multimillionnaires. On savait qu’elles n’avaient aucun attachement au territoire, pas plus qu’à la création d’emplois, mais là on atteint un nouveau sommet. Elles veulent une « assurance-profit » et si possible un monopole dans leur secteur respectif. Non seulement, elles veulent profiter de ressources naturelles à très bas coûts,  elles ne sentent aucune nécessité de créer ou même de maintenir des emplois, pas plus que de soutenir l’économie régionale par le biais de sous contrat. Elles travaillent même à payer de moins en moins de taxes municipales. Elles veulent rejoindre ainsi les géants de la nouvelle économie du web, qui font des milliards de profits sans payer d’impôts ou de taxe.

Non seulement ces grandes entreprises ne veulent pas payer leur part, elles veulent maintenant décider des orientations économiques et sociales dans les pays où elles sont installées. Il est temps, que l’on mette le pied par terre et que l’on dise : « ça suffit ». Si ce sont les citoyens et citoyennes par le biais de l’État qui assument tous les risques financiers, il est temps que l’on institue un nouveau principe, soit celui « du payeur-décideur ». On ne peut accepter de prendre tous les risques, sans participer aux profits. Dans ce sens, je propose que l’on forme un groupe de travail, qui évalue les avantages et inconvénients de différents scénarios de nationalisation de Rio Tinto allant de complète à partielle et qu’on rende publique ce rapport d’ici un an maximum.

Oui les temps doivent changer, mais dans une démocratie c’est le peuple qui doit décider, il ne peut se contenter de payer.

Denis Trottier

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