Quand doué ne rime pas avec réussite et performance

Quand doué ne rime pas avec réussite et performance

La famille de Sylvain Delisle et Andrée-Anne Harvey a appris à apprivoiser la douance de leur garçon le plus âgé

«Les gens pensent à tort que les enfants doués ont tous des 100% à l’école, qu’il ont du talent en musique en plus de connaître un tas de choses sur des sujets aussi complexes que les dinosaures et qu’ils passent leur vie dans les livres», témoigne Lilianne Laprise, maman de deux garçons doués.

La douance n’est pas une maladie. Aucun médicament n’est prescrit pour y remédier. La bonne connaissance de cette particularité et l’encadrement adéquat des professionnels favorisent l’épanouissement d’un enfant doué. Souvent, les parents consultent un spécialiste en pensant que leur enfant souffre d’un trouble avant de réaliser que la particularité de leur enfant est plutôt la douance. Ce fut le cas de Lilianne pour son fils aîné.

Et souvent la douance est accompagnée d’un trouble d’apprentissage. L’un des problèmes avec le système de santé actuel lorsque vient le temps d’avoir d’autres diagnostics: l’attente. Dans le cas de Sylvain Delisle et Andrée-Anne Harvey, ce sont des propos plus noirs de Mathieu qui ont forcé l’avance du rendez-vous en pédopsychiatrie.

La connaissance

Aujourd’hui, le fait de savoir que leurs enfants sont « doués » permet de mieux aux parents de mieux les cerner.

« C’est comme si on part en neuf. La douance, je ne connaissais pas du tout ça. Je me suis plongée là-dedans. Quand j’ai lu les caractéristiques, je me souviens m’être demandé comment une description pouvait autant ressembler à mes enfants», relate Lilianne.

Andrée-Anne Harvey abonde dans le même sens. Lorsqu’elle s’est fait dire que lui et son conjoint étaient chanceux que leur fils soit doué, ils ont eu du mal à leur répondre. C’est d’ailleurs ce qui les motive à parler de leur réalité dans cet article.

« Je me bats depuis qu’il est en maternelle maintenant [que les évaluations et diagnostics sont connus] j’ai des armes», lance-t-elle, émotive.

C’est surtout quand ils ont eu d’autres enfants qu’ils ont remarqué les différences. La façon de raisonner de Mathieu et sa mémoire très précise étaient entre autres remarquables en bas âge.

Caractéristiques

Empathie, hypersensibilité (liée aux sens du corps), la justice et difficulté à gérer les émotions sont quelques-unes des caractéristiques de l’enfant doué.

«Ils ressentent tout plus intensément que les autres, la peine, la colère, la tristesse et leurs réactions sont difficiles à gérer», décrit Lilianne.

La mémoire de Mathieu étant très développée, il réussit particulièrement bien dans les matières comme la science et les mathématiques. Ne le mettez pas au défi de vous nommer quelques Pokémons, il les connait pratiquement tous.

C’est un défi quotidien pour ses parents de se situer entre le stimuler «à sa mesure », mais ne pas trop lui en donner pour ne pas qu’il trouve l’école ennuyante. « Il peut échouer un examen car c’était trop facile et qu’il trouvera ça ennuyant ou bien être stressé de bien réussir et passer à côté », explique sa maman pour faire comprendre les nuances de la douance. Cette année, si l’évolution est bonne, Mathieu débutera l’année en effectuant sa 3e année et passera en 4e année après les Fêtes. C’est situation inquiète toutefois sa mère qui veut être certaine qu’émotivement, il soit prêt.

Si certains enfants doués se situent dans la moyenne à l’école, ils peuvent aussi passer inaperçus alors qu’en réalité ils s’ennuient ou sont en mode échec.

«L’école n’est pas un lieu qui les stimule et l’enseignement n’est pas adapté à leur mode de pensée. À la maison, on doit gérer cette petite soupape prête à exploser à force de se contenir pour rester dans le rang à l’école.

Bref, mon enfant est loin d’être un scientifique en herbe ou un futur médecin. On travaille fort tous les jours les devoirs et les leçons. Si on pouvait être dans sa tête, peut-être que là on comprendrait que ce n’est pas simple d’être un surdoué», de conclure Lilianne Laprise.

Sylvain Delisle confie que l’évolution dans le milieu scolaire dépend ni plus ni moins de l’enseignant que le jeune va avoir.

En première année et en deuxième année, Mathieu parle des amis moins rapides. Il arrive le soir triste ou remplis d’émotions diverses. Ses parents entendent fréquemment les phrases suivantes : «Je ne veux pas y aller. Je ne suis pas comme les autres. J’aurais aimé mieux ne pas avoir ce problème-là et être normal. » Cette année, son enseignante se donne le défi de ramener à la moyenne autant que faire se peut, ceux qui sont au-dessous ou au-dessus, une chance pour lui.

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