Football : Pas d’équipe benjamine à Wilbrod-Dufour cette année

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Par Janick Émond
Football : Pas d’équipe benjamine à Wilbrod-Dufour cette année
(Photo : Courtoisie)

La saison 2019-2020 des Lynx du Pavillon Wilbrod-Dufour, en concentration football, se fera sans équipe de catégorie benjamine. Ainsi, tous les jeunes de première secondaire seront surclassés et jumelés avec les deuxième et troisième secondaires.

« En langage de coach, je dirais que c’est une année sacrifiée pour l’année prochaine. Ça sera bénéfique à long terme », mentionne l’entraineur-chef de l’équipe, Patrice Boudreault.

La première raison pour expliquer cette situation plutôt technique, c’est que l’équipe juvénile, composée des secondaires 4 et 5, fait partie de la Division 2, l’une des ligues scolaires les plus fortes au Québec. Par conséquent, afin de présenter une équipe compétitive dans cette ligue, il faut développer adéquatement les plus jeunes.

Dans les dernières années, ceux qui arrivaient au football en secondaire 1 jouaient dans une ligue régionale en huit contre huit, ce qui n’était pas nécessairement bon pour eux à long terme.

« Ce n’est vraiment pas pareil comme jouer du douze contre douze. Lorsque ces jeunes-là arrivaient dans ce format, ils étaient complètement perdus et leur développement en prenait un coup », soulève Boudreault.

Dans un deuxième temps, dans la catégorie benjamine, les écoles ont le choix de jumeler ou non les secondaires 1 aux secondaires 2. Ainsi, l’an dernier, la formation benjamine des Lynx était composée seulement de jeunes de première secondaire, alors que pratiquement toutes les autres écoles avaient des clubs formés majoritairement de joueurs de deuxième secondaire.

Malgré tout, les Lynx ont été vainqueurs au terme de la saison et s’ils se présentaient à nouveau dans cette catégorie, ils auraient été trop puissants et il n’y aurait eu aucun défi pour les Almatois.

« Après avoir analysé ça, en plus de nos secondaires 3 qui n’avaient pas beaucoup de joueurs, le choix était évident, nous devions jumeler les trois premières années ensemble. »

Encadrement

Patrice Boudreault ne le cache cependant pas, les jeunes de secondaire 1 auront une année éprouvante.

« L’important là-dedans, ça sera de bien les encadrer. Ils vont pratiquer avec les plus vieux et ils apprendront plus rapidement », ajoute-t-il.

Pour débuter la prochaine campagne, cinq joueurs de première année seront des partants lors du premier match. Pour les autres, l’entraineur-chef précise qu’au fil de la saison, ils auront de plus en plus de temps de jeu.

Pavillon Wilbrod-Dufour : Un système qui rattache les jeunes à l’école

L’encadrement et la philosophie qui se sont ancrés dans les concentrations sportives au Pavillon Wilbrod-Dufour jouent un rôle majeur dans la réussite scolaire et sportive des étudiants. 

Pour l’aspect académique, l’établissement a adopté la formule du modulaire, ce qui permet d’avoir un excellent suivi sur l’avancement des études d’un jeune.

« Toutes les deux semaines, nous envoyons aux parents une grille dans laquelle on peut voir comment les modules de leurs enfants avancent. C’est donc beaucoup plus facile de voir quand ça ne va pas bien et des mesures peuvent rapidement être prises pour reprendre le retard », mentionne l’entraineur-chef de l’équipe de football, Patrice Boudreault.

De plus, tous les jours, les jeunes doivent faire étamper chacun de leurs cours dans leur agenda pour prouver leur présence. Ils ont aussi des objectifs hebdomadaires qui sont réévalués quotidiennement.

Avec un tel système, Patrice indique que les études sont évidemment plus difficiles, puisqu’ils ont beaucoup de devoirs à faire, ce qui peut demander 1h de travail par soir.

« Un jeune qui avait l’habitude de ne rien faire en cours et dormir, mais qui a toujours de bonnes notes aux examens, il trouve ça vraiment plus difficile, ça c’est certain, parce que ce sont des modules qu’il doit faire. S’il ne travaille pas, il n’avance pas et prend du retard », ajoute-t-il.

« Par contre, ça permet de développer l’éthique de travail, ils doivent s’organiser. Lorsqu’ils arrivent au collège, ils sont prêts et ils sont capables de gérer leur horaire », poursuit-il.

Contrer le décrochage

Avec un système éclaté comme celui-ci, où les jeunes ont tous les après-midis du mardi au vendredi de libéré pour pratiquer leur sport, ils sont beaucoup plus rattachés à l’école.

« Nous sommes convaincus, au football, que sur 15 finissants annuels, on en a au moins cinq là-dessus qui auraient été susceptibles de lâcher l’école si ce n’était pas du sport », soulève Patrice Boudreault.

Il raconte en outre que près de la moitié de ces élèves proviennent de milieux défavorisés ou de situations familiales difficiles.

« Je suis content de voir qu’on réussit les rattacher à l’école et qu’ils réussissent à terminer leurs études. Ça les sort du cercle dans lequel ils étaient coincés », conclut-il.

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