Le travail de moine de Marc Demers

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
Le travail de moine de Marc Demers
Marc Demers affirme que la confection de miniatures est un art qui l’avait toujours fasciné, et surtout, impressionné. (Photo : Trium Médias – Yohann Harvey-Simard)

Artiste-peintre de profession, Marc Demers a considérablement réduit la taille de ses canevas depuis trois ans. Moment à partir duquel il a également dû ajouter une loupe à son attirail puisqu’il se consacre maintenant à la réalisation d’œuvres miniatures.

À partir de simples morceaux de bois qu’il récupère sur le rivage, le miniaturiste de Saint-Henri-de-Taillon crée toute sorte de paysages d’un réalisme époustouflant.

Plus que des paysages, ce sont de véritables scènes qu’il parvient à reproduire à force de patience et de minutie.

Certaines de ses créations présentent animaux et personnages mesurant tout au plus quelques millimètres. Et lorsqu’on y regarde de près, on peut voir que les petites figurines sont pourtant brillamment sculptées.

Mais si Marc Demers réussit un tel exploit, c’est qu’il y met le temps qu’il faut. Ce dernier peut accorder de 30 à 60 heures à la réalisation d’une œuvre selon son degré de complexité.

Comme quoi le diable est dans les détails, trente minutes sont parfois nécessaires à la confection d’un seul élément, dont la grosseur s’apparente bien souvent à celle d’une tête d’épingle.

« J’ai pris une broche qui sert à accrocher les tableaux et j’ai dû la séparer en sept », illustre-t-il, faisant référence à la reproduction d’une corde à linge.

Plus tu portes attention, plus tu te mets à trouver des petits détails », explique Marc Demers, qui va jusqu’à reproduire de minuscules brimbales pour ses pêcheurs.

Retenir son souffle

Il va sans dire qu’il ne faut pas être sujet à des tremblements pour s’adonner à la miniature. De chaque faux mouvement peut résulter une erreur fatale qui obligerait l’artiste à reprendre tout de zéro. « Quand tu es rendu à 25 heures, le dernier geste, il ne faut pas que tu le rates! »

Prenant l’exemple d’un macareux, Marc Demers explique que le processus de création se décompose en plusieurs étapes.

« Je commence par le sculpter à partir d’une allumette. Après, je mets une peinture blanche, une peinture noire. Ensuite, je fais le bec, la queue; peinture le bec, peinture la queue. Ensuite, je fais les petites moustaches jaunes, le collet noir. Et enfin, je sculpte son assise que je peinture orange puisque leurs pattes sont orange. »

Une démarche qu’il a répétée des centaines de fois.

Sont ici disposés 95 macareux, tandis qu’environ 200 autres se trouvent dans un bocal, en attente d’être incorporés à de nouvelles œuvres.
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