Mathieu Tremblay déterre 450 millions d’années d’histoire

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
Mathieu Tremblay déterre 450 millions d’années d’histoire
C’est avec fierté que Mathieu Tremblay arbore les plus importantes pièces de sa collection. (Photo : Trium Médias – Yohann Harvey Simard)

Mathieu Tremblay a transformé sa résidence en une vraie caverne d’Alibaba. Sa passion pour la paléontologie l’a conduit à accumuler toute une collection de fossiles, dont certains datent même de plusieurs centaines de millions d’années.

Un déclic se produit dans la tête de l’Almatois lorsqu’il tombe sur un fossile d’ammonite chez Cristal du Lac, il y de ça environ deux ans.

« C’était une révélation. Jusqu’à mes trente ans, je m’étais toujours dit que c’était impossible d’avoir ce genre de chose-là en sa possession. Je pensais qu’on voyait juste ça dans les musées », confie Mathieu Tremblay, qui décide d’acheter le vestige de mollusque céphalopode.

Au cours des semaines qui suivent, il effectue des recherches et comprend que toutes les régions du Québec regorgent de fossiles. Mais surtout, il réalise qu’il peut conduire ses propres fouilles. Quelques outils rudimentaires sont tout ce dont il aura besoin.

Importante découverte

C’est à Alma que Mathieu Tremblay fait sa première et plus gratifiante trouvaille. À l’automne 2019, il se rend dans un champ en bordure du rang Scott Ouest, où un énorme bloc de calcaire avait attiré son attention 20 ans auparavant du fait de son aspect étrange.

Il parvient alors à détacher quelques fragments du mystérieux bloc à l’aide d’un marteau. Après un nettoyage minutieux, de drôles de formes apparaissent. Mathieu Tremblay n’en revient pas lui-même, il avait mis la main sur le fossile d’une espèce de crinoïde (Cupulocrinus), un animal marin à l’apparence de plante. « J’ai eu une chance inouïe de trouver ça! »

Vieille de 450 millions d’années, la pièce est néanmoins dans un état remarquable et est qualifiée de « très, très rare et d’importante pour le Québec » par le directeur du Musée de la paléontologie et de l’évolution de Montréal, Mario Cournoyer.

En tant que paléontologue amateur, Mathieu Tremblay affirme qu’apporter ainsi sa contribution à l’avancement de la science est source d’une « grande motivation ».

« On n’est pas là longtemps, alors je trouve ça très important de pouvoir laisser ma trace. »

Au centre à droite, on peut voir dans la matrice en calcaire ce qui ressemble à des tentacules, lesquelles sont en fait les bras constituant l’extrémité d’un crinoïde Cupulocrinus, un animal marin.

La chasse au trésor se poursuit

De 2019 à 2021, Mathieu Tremblay procèdera à plusieurs expéditions dans des carrières de la région, principalement entre Saint-David-de Falardeau et Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

Il y découvrira une foule d’autres fossiles, tels que des spécimens de trilobites et de céphalopodes, datant de l’Ordovicien (- 443 à – 485 millions d’années), la période géologique dont près de 99% des fossiles du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont issus, précise-t-il.

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