Une haie de cèdres sème la controverse à Desbiens

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
Une haie de cèdres sème la controverse à Desbiens
Une haie de cèdres trop haute menace la sécurité des automobilistes à l’angle de la 7e avenue et de la Néron, à Desbiens. (Photo : Trium Médias - Yohann Harvey Simard)

Une intersection jugée dangereuse suscite la grogne à Desbiens. Des correctifs se font toujours attendre au coin de la 7e avenue et de la rue Néron malgré des plaintes répétées à la municipalité. On pointe du doigt un citoyen récalcitrant et l’inaction de l’ancienne directrice générale, laquelle a été accusée de manquement professionnel grave dans un récent rapport de la Direction des enquêtes et des poursuites en intégrité municipale (DEPIM).

Gilles Doucet, un résident de la rue Néron, a interpellé la Ville de Desbiens à de multiples reprises au sujet du manque de visibilité occasionné par une haie de cèdres trop haute au croisement de la 7e avenue et de la rue Néron. Un dossier qui s’étire depuis 2016, précise l’ancien policier et journaliste judiciaire.

Gilles Doucet, avec derrière lui plusieurs autres citoyens, réclame la mise en place d’un triangle de sécurité, ce qui devra nécessairement passer par la coupe des arbres qui obstruent actuellement la vue.

Précisons que l’établissement d’un triangle de sécurité est une disposition prévue dans l’article 4.3.2 du Règlement de zonage. Il vise à permettre aux automobilistes d’avoir une meilleure visibilité avant de s’engager dans une intersection.

Étant lui-même passé à deux cheveux d’avoir un accident, Gilles Doucet soutient qu’il est urgent d’agir avant qu’un drame ne se produise.

Il faut presque s’engager sur la 7e avenue avant d’être en mesure d’y vérifier la présence de véhicules.

L’ancienne directrice générale accusée

Le dossier s’est rendu jusque sur le bureau de la DEPIM, un organe de la Commission municipale du Québec.

Dans un rapport émis le 9 mai dernier, la DEPIM conclut que « l’ancienne directrice générale de Desbiens a volontairement omis d’appliquer la réglementation à l’immeuble appartenant à un membre du conseil, et ce, en raison de son statut au sein de l’organisation municipale. »

Pour la Commission, cela correspond à la définition d’un « manquement grave aux normes d’éthique et de déontologie ainsi que d’un cas grave de mauvaise gestion. »

Passage à l’action

Le rapport de la DEPIM fait état de cinq recommandations, dont celle de « procéder à une analyse minutieuse de l’immeuble du conseiller municipal et de déterminer si sa situation est conforme ou si elle déroge aux règlements.»

De son côté, la nouvelle directrice générale de Desbiens, Marie-Bénédicte Tremblay, affirme que l’ensemble des recommandations ont été appliquées.

Après s’être rendu sur les lieux le 5 juillet, un inspecteur municipal a pu constater que la haie de cèdres, du fait de sa hauteur, contrevenait effectivement aux règlements.

Le 8 juillet, l’inspecteur a mentionné à l’élu qu’il avait un délai 15 jours pour produire un document énumérant les actions qu’il prévoyait entreprendre afin de corriger la situation dérogatoire, à défaut de quoi un recours judiciaire sera pris pour le forcer à régler la situation.

Refusant d’accéder à cette demande, le conseiller municipal visé, Gilbert Doucet, a fait appel à un avocat « pour voir si la réglementation était à jour. »

« J’ai soumis une entente à la Ville pour régler cette histoire-là », affirme-t-il, précisant n’avoir rien à ajouter.

« Si c’était juste de moi, ça ferait longtemps qu’on aurait passé la scie là-dedans. […] Si ça ne se règle pas, nous allons aller en recours », conclut Marie-Bénédicte Tremblay.

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