Alma Soudure décroche son plus gros contrat à vie

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
Alma Soudure décroche son plus gros contrat à vie
André Gagnon, copropriétaire et directeur de l’ingénierie et des opérations d’Alma Soudure. (Photo : Trium Médias – Yohann Harvey Simard)

Alma Soudure vient tout juste de remporter un appel d’offres gouvernemental pour l’agrandissement d’une école secondaire de Châteaugay en Montérégie. Un projet dont le coût s’élève à 27 M$, le plus gros contrat de l’entreprise en 26 d’existence.

Le contrat inclut la fabrication et l’installation de la structure d’acier requise pour l’agrandissement de l’école.

« Nous étions très heureux de le remporter parce que ça va créer de l’emploi pour toute notre usine et nos travailleurs de la construction pour la prochaine année », se réjouit le président-directeur général d’Alma Soudure, Réjean Savard.

La fabrication de l’imposante structure nécessitera 2 400 tonnes d’acier et 85 000 heures de travail réparties sur 69 semaines. Seuls deux autres soumissionnaires ont participé à l’appel d’offres, un tel contrat ne pouvant être rempli que par une dizaine d’entreprises au Québec, estime Réjean Savard.

Après Constructions Proco, Alma Soudure est le « deuxième plus gros fabricant et installateur de structures d’acier au Saguenay-Lac-Saint-Jean. »

Frein à la croissance

L’appétit pour la croissance ne manque pas chez Alma Soudure. Toutefois, le manque de main-d’œuvre freine les ardeurs de l’entreprise, où on dénombre environ 45 travailleurs.

« On s’est fait une usine super moderne à Saint-Bruno qui nous permettrait de monter à 100 employés. Avec une usine comme ça, on pourrait tourner sur trois « shift », mais là, on tourne juste sur un « shift » de travail parce que les employés ne sont pas là. Si la main-d’œuvre était au rendez-vous, on pourrait aisément produire de deux à trois fois plus. »

Les soudeurs ne courent pas les rues, au Lac-Saint-Jean comme ailleurs.

Robotisation

Il y a quelques années, Alma Soudure a investi plusieurs millions de dollars dans la modernisation de son usine de Saint-Bruno, où se concentre maintenant 95% de sa production.

Voyant venir le manque de personnel, l’entreprise avait alors misé sur la robotisation partielle de ses opérations. Un pari qu’elle est loin de regretter alors qu’elle est livrée à une lutte féroce lorsqu’il est question de recrutement.

Qualifiant le tout de cercle vicieux, Réjean Savard explique que les entreprises font régulièrement main basse sur les employés de plus petits joueurs.

« Nous, c’est sûr qu’on a haussé nos salaires, mais ça ne règle pas le problème. La seule chose que ça fait, c’est que ça vide les plus petites entreprises en dessous de nous autres. Mais ensuite, il y a des entreprises au-dessus de nous, comme les Rio Tinto de ce monde, qui viennent piger dans notre monde, et ainsi de suite. »

Selon Réjean Savard, la solution réside dans l’embauche de travailleurs étrangers. Alma Soudure a récemment fait l’embauche de dix Philippins, alors qu’un autre groupe de dix est attendu au cours de la prochaine année.

Réjean Savard affirme prioriser l’embauche de travailleurs philippins en raison de leur maîtrise de l’anglais et de leur compétence.
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