Bientôt centenaire, Jules Collard nous livre une partie de ses mémoires

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
Bientôt centenaire, Jules Collard nous livre une partie de ses mémoires
Plusieurs années se sont écoulées entre ces deux clichés de Jules Collard. (Photo : Trium Médias – Yohann Harvey Simard)

Alma ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui si ce n’était de Jules Collard. Alors qu’il franchira le cap des cent ans en janvier, c’est avec une lucidité déconcertante que l’homme nous livre une parcelle de ses mémoires. Les mémoires de l’un des bâtisseurs de la Ville d’Alma.

Ses 100 ans, force est d’admettre que Jules Collard les porte bien. Chose peu courante à cet âge, il est parfaitement autonome, au point qu’il vit encore seul dans son appartement. Même que le centenaire conduit encore sa voiture.

Il confie toutefois que son âge avancé s’accompagne d’une certaine solitude. Bien que ses cinq enfants veillent toujours sur lui, l’homme explique que le temps a eu raison de la plupart des gens qu’il a connus.

« Mes amis sont tous morts! Mais c’est aussi vrai pour tous mes adversaires politiques! », lance-t-il avec une pointe de sarcasme. Comme quoi son sens de l’humour, lui, est à l’épreuve du temps.

S’il s’est remis du décès de ses amis, ce fût beaucoup plus difficile pour Jules Collard de faire le deuil de l’un de ses fils, François Collard, mort noyé dans les eaux du lac Saint-Jean alors qu’il n’avait que 16 ans.

« J’ai fini par surmonter ça, dit-il, mais il restera toujours dans mes prières. »

L’industriel

« Moi, je voulais être un homme d’affaires, comme mon père! », lance Jules Collard.

Ce dernier termine des études commerciales à Victoriaville à l’âge de 18 ans, après quoi il revient à Alma pour travailler au sein de l’entreprise fondée par son père, Alma Construction.

Fait intéressant : en 1939, alors qu’il est toujours à Victoriaville, Jules Collard verra de ses propres yeux la reine Élisabeth II. Âgée que de 13 ans à cette époque, le futur monarque accompagnait son père, le roi Georges VI, et sa mère, Elizabeth Bowes-Lyon, venus au Canada dans la cadre d’une visite royale.

Toujours est-il qu’en 1946, Jules Collard prend la succession d’Alma Construction à titre de président-directeur général. Il deviendra ensuite entrepreneur général en 1972, ce qui l’amène à participer à plusieurs chantiers importants, comme la construction de centrales hydroélectriques et de ponts au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le politicien

Jules Collard fera aussi un saut en politique. Échevin de 1962 à 1965, il milite notamment pour qu’Alma reste propriétaire de son réseau électrique municipal, dont le maire de l’époque, Léonce Desmeules, souhaite se départir.

« Quand j’ai su qu’il voulait s’en débarrasser, j’ai été scandalisé. Je n’ai rien dit sur le moment, mais j’ai commencé à faire des études pour prouver que le réseau électrique était rentable pour la municipalité. »

De pair avec un ingénieur en électricité, Jules Collard entreprend des recherches au terme desquelles il parvient à démontrer la rentabilité du réseau.

Après plusieurs échanges, il obtient également l’appui de René Lévesque, alors ministre des Richesses naturelles du Québec.

En 1965, Jules Collard réussit à convaincre le conseil de ville d’Alma de ne pas vendre le réseau électrique. Une décision dont la municipalité récolte encore les fruits aujourd’hui alors qu’elle génère en moyenne 1 M$ de profits par année grâce à son réseau.

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