Végétolab: La vie en éprouvette

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Par Yohann Harvey Simard - journaliste de l'initiative de journalisme local
Végétolab: La vie en éprouvette
Martine Girard, la directrice générale de Végétolab, l’affirme haut et fort : elle est « fière de ses racines! » (Photo : Trium Médias – Yohann Harvey Simard)

Tout comme les fruits dans ses vergers, Végétolab n’a cessé de croître au cours de ses 24 années d’existence. Aujourd’hui encore, l’entreprise horticole de Saint-Cœur-de-Marie enregistre une croissance soutenue alors qu’elle est l’une des rares au Québec à se consacrer à la culture in vitro d’arbustes fruitiers, tels que des camérisiers, des argousiers ou des amélanchiers.

En effet, il s’agit là d’un créneau qui n’est exploité par aucune autre entreprise au Saguenay-Lac-Saint-Jean, tandis que les compétiteurs se comptent sur le bout des doigts à l’échelle de la province, et même du Canada, indique la directrice générale de Végétolab, Martine Girard.

Éprouvettes, cylindres gradués, béchers, un véritable laboratoire se cache derrière les murs de Végétolab. C’est qu’il en faut du matériel pour s’adonner à la culture in vitro.

Mais il ne s’agit pas simplement d’être bien équipé. Beaucoup de patience et de savoir-faire sont également nécessaires, insiste Martine Girard.

Des « recettes » bien spéciales

Procédé également connu sous le nom de micropropagation, la culture in vitro consiste en l’élaboration de « recettes » permettant la croissance en milieu contrôlé de boutures appartenant à différentes variétés d’espèces végétales.

« Déjà, la gélose (substance gélatineuse au sein de laquelle croît la bouture) peut être différente selon la variété que tu veux y cultiver. »

Les recettes, composées d’une multitude d’ingrédients comme des hormones, des vitamines et des minéraux, exigent un nombre incalculable d’essais et d’erreurs avant d’être mises au point.

Même le dosage des ingrédients constitue un art en soi, laisse entendre Martine Simard, affirmant que les balances de Végétolab doivent absolument comporter quatre zéros après la virgule.

« Alors, si ton dosage est par exemple de 0.0009, eh bien, ne te trompe pas, parce que si tu changes ça, il y a de bonnes chances que ton plan ne pousse plus », illustre-t-elle.

À partir de minuscules boutures, l’entreprise horticole parvient à créer des arbustes fruitiers dont elle choisit minutieusement les variétés.

Fier de ses racines

Végétolab compte aujourd’hui 14 employés et vend ses produits à plus de 300 clients répartis partout au Canada et aux États-Unis.

Si l’entreprise a connu une bonne croissance au cours des dernières années, n’en demeure pas moins « qu’il fallait du front tout le tour de la tête pour décoller un laboratoire de culture in vitro dans une étable! », insiste Martine Girard.

« C’est un méchant défi qu’on a réussi: on a été capables d’amener des plantes qui fonctionnent bien pour les gens du Nord, qui sont adaptées à notre climat. On a été capables de développer nos racines nordiques, et nous en sommes fiers. Maintenant, on peut faire pousser d’autres choses que juste du bleuet au Lac-Saint-Jean. Et ça, c’est parce qu’on a travaillé ça ici et que l’on continue de le travailler. »

L’équipe de Végétolab doit déployer des efforts considérables avant d’en arriver à des plans de cette taille.
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