Alors que le site semble à l’abandon depuis un moment, plusieurs automobilistes se sont sans doute déjà demandé ce qu’il advenait des installations industrielles situées au 102, route 169, à la jonction de Desbiens et de Chambord.
Sur place, on constate qu’aucune activité n’a cours dans l’usine qui appartenait autrefois à L. Bélanger Métal. Les infrastructures présentent un état avancé de dégradation, tandis que plusieurs traces de vandalisme sont observables à l’intérieur comme à l’extérieur. Encore récemment, la cour arrière était négligée avec en son centre, des camionnettes partiellement dépecées entourées de déchets.
Par ailleurs, malgré sa vétusté apparente, la bâtisse demeure facilement accessible. Aucun périmètre de sécurité n’empêchent d’y pénétrer et plusieurs ouvertures ne sont pas barricadées. Certains signes, comme des vapoteuses et des bouteilles de bière vides, donnent d’ailleurs à penser que les lieux sont fréquentés de temps à autre, probablement illégalement.
Propritété d’Espaces 2SV depuis 2021
Le terrain et les installations du 102, route 169 ont été acquis en 2021 par l’entreprise de Saguenay Espaces 2SV auprès de L. Bélanger Métal. L’actionnaire majoritaire d’Espaces 2SV, Michel Savard, explique pourquoi il s’est engagé dans cette transaction.
« Mon frère était supposé partir un projet de fabrication de panneaux de je ne sais pas trop quoi. Mais là, ça fait trois ans que ça vivote. C’est pour ça que j’ai décidé de vendre. »
En effet, Michel Savard affirme qu’à l’âge de 77 ans, il est « tanné » et souhaite se départir de cette propriété dont le projet, visiblement, ne mène à rien. Il mentionne avoir récemment mandaté son fils, Guillaume Savard, pour s’acquitter de la vente de la propriété. Ce dernier confirme, précisant qu’il est actuellement à la recherche d’un courtier immobilier pour s’occuper de la mise en marché de la propriété.
Enjeux de sécurité et introductions par infraction
Dans les derniers mois, les installations du 102, route 169 à Chambord ont fait l’objet de publications Facebook. Les auteurs soulevaient notamment de potentiels enjeux de sécurité liés à l’état des infrastructures et à l’absence de dispositifs de sécurité.
À cela, Michel Savard répond être au courant de la situation et s’être doté d’assurances couvrant ce genre de risques. Après plusieurs avertissements adressés aux contrevenants, il admet avoir lâché prise. Son frère aurait même verbalement autorisé certaines personnes s’introduisant par infraction à prendre « tout ce qu’elles voulaient puisque de toute façon, il allait falloir se débarrasser de tout ça ».
Au Québec, le Code de sécurité provincial stipule que le propriétaire d’un bâtiment désaffecté demeure responsable de sa sécurité, même si l’immeuble n’est plus occupé ou utilisé. Les obligations exactes dépendent toutefois de l’état du bâtiment, de sa vocation antérieure et des règlements municipaux applicables.
Lorsqu'une condition dangereuse est constatée, le propriétaire doit prendre sans délai les mesures d'urgence nécessaires pour protéger les occupants et le public. Dans certains cas, il doit également faire appel à un ingénieur ou à un architecte afin de déterminer les travaux correctifs nécessaires.
Si le propriétaire ne fait rien, les autorités municipales peuvent intervenir en vertu de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, qui permet notamment aux municipalités d’agir lorsqu'un bâtiment se détériore ou présente des problèmes importants. Lorsqu’une situation l’exige, les municipalités peuvent exiger des travaux de sécurisation ou de réparation.
La Municipalité de Chambord n’a pas répondu aux demandes d’entrevue du journal Le Lac-St-Jean.



