Les cols bleus de Montréal perdent

Les cols bleus de Montréal perdent

SOCIÉTÉ. La commission des relations de travail a rejeté la requête du syndicat des cols bleus de la ville de Montréal, qui lui demandait de surseoir aux nombreuses suspensions imposées à ses membres.

La commission soutient que la Ville n’a fait qu’utiliser "son droit de gérance en imposant des suspensions", qui sont liées directement aux événements du 8 décembre dernier.

Ces sanctions avaient été décrétées par Montréal après que plus de 2000 employés syndiqués se furent rendus à une assemblée spéciale au Palais des congrès le 8 décembre dernier, durant leurs heures de travail.

Le maire Denis Coderre a déclaré qu’il s’agissait d’un arrêt de travail illégal et a sévi contre ses employés. Ils ont écopé d’une semaine de suspension sans solde, mais les dirigeants syndicaux ont eu une suspension de deux mois sans solde.

Des sanctions "abusives et excessives", déplorait le syndicat. Surtout que cette absence n’a été que de deux heures, soutient-il.

La commission affirme qu’elle ne pouvait pas intervenir puisque le syndicat n’a pas prouvé qu’il s’agissait "d’une action concertée" de la Ville qui pourrait nuire aux services rendus à la population.

"Faire droit à la prétention du Syndicat qui plaide que l’existence de n’importe quel conflit donne ouverture à l’application de l’article 111.17 du Code aurait pour effet de substituer la Commission aux employeurs dans la gestion quotidienne de leur entreprise. Ce qui n’est pas son rôle", poursuit la commission dans sa décision.

"Suivre la prétention du Syndicat ferait en sorte que des salariés qui se rendraient délibérément coupables de gestes contraires à la convention collective ou à leurs obligations dans leur contrat de travail ne pourraient pas être sanctionnés comme le désire l’employeur sous prétexte que cela causerait un ralentissement des activités", ajoute-t-elle.

L’intervention de la CRT avait été demandée par les cols bleus car ils prétendent que ces sanctions _ de par leur nombre et le rythme auquel elles sont imposées _ privent les citoyens d’une multitude de services auxquels ils ont droit.

"Il y a un litige, et la Ville ne pouvait se faire justice elle-même", a souligné, peu avant l’audience, Marc Ranger, directeur adjoint du Syndicat canadien de la fonction publique SCFP-Québec.

Source: Presse Canadienne

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