« Ne coupez pas les pissenlits »

Julien B. Gauthier
« Ne coupez pas les pissenlits »
(Photo : Courtoisie)

Leur prolifération rapide et leur omniprésence sur les terrains leur donnent des apparences de nuisances. Pourtant, en tant que premières fleurs à surgir du sol au printemps, les pissenlits sont des alliés incontournables pour les abeilles.

Elles ont beau avoir mauvaise réputation, les apiculteurs de la région profitent de cette période afin de rappeler aux citoyens l’importance des pissenlits. Selon eux, s’y attaquer nuit à l’écosystème et à la production du miel.

« La première fleur la plus importante, c’est le pissenlit. C’est au même moment que la ruche se monte et c’est le premier apport important de nectar dans la colonie », explique Patrick Fortier, propriétaire de Miel des Ruisseaux à Alma.

En effet, cette fleur arrive au même moment où les abeilles doivent former les ruches afin de créer le miel. Se débarrasser des pissenlits, source abondante de nectar, peut emmener du retard dans la production.

Le nectar : du miel en devenir

« Le nectar est le miel en devenir. C’est le corps de la ruche. Si on éradiquait complètement le pissenlit, ça serait terrible. Il faudrait nourrir nous-même les ruches avant que les autres fleurs sortent », ajoute-t-il.

De son côté, Rodolphe Bertrand, de Miel Boréal à La Doré, suggère même d’attendre avant d’entamer la première tonte de gazon.

« À cette période-ci, il n’y a pas grand-chose en termes de nourriture pour les abeilles. Idéalement, avoir des champs de pissenlits partout ça serait merveilleux. Si les gens pouvaient les laisser, ça serait parfait », ajoute-t-il en rappelant que le nectar du pissenlit produit un miel particulier.

Les abeilles gagnent en respect

Rodolphe Bertrand a bon espoir que la population adhère au message. Il se réjouit par ailleurs que la réputation des abeilles se soit améliorée au cours des dernières années.

« Il y a une certaine prise de conscience dans les dernières années, les gens essayent de mettre des fleurs qui peuvent apporter du pollen ou du nectar. Il y a eu beaucoup d’efforts de la part des médias pour montrer que l’abeille est importante et qu’elle n’est pas dangereuse. »

Car à moins d’être dérangé et qu’on tape directement sur le nid, une abeille ne pique pas inutilement. Même que l’apiculture urbaine est de plus en plus populaire. En autant qu’il y ait une distance de 15 mètres entre la ruche et la voie publique.

Rodolphe Bertrand veut nous mettre en garde.

« Ce sont des animaux. Il faut avoir de très bonnes bases, car il y a beaucoup de maladies qui peuvent se transmettre entre les ruches. Il faut aider les abeilles. On ne peut pas les laisser vivre dans le fond de la cour et s’attendre qu’elles aillent faire du miel », conclut-il.

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