Protection des caribous forestiers : « On va se ramasser avec des Val-Jalbert un peu partout! » – Yanick Baillargeon

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Par Louis Potvin
Protection des caribous forestiers : « On va se ramasser avec des Val-Jalbert un peu partout! » – Yanick Baillargeon
La protection du caribou forestier risque de s’inviter dans la campagne électorale.

Si les recommandations formulées par la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards sont appliquées à la lettre, le président d’Alliance forêt boréale (AFB), Yanick Baillargeon, prédit la perte de plus de 3 000 emplois dans le domaine forestier.

« On va se ramasser avec des Val-Jalbert un peu partout! Nos communautés forestières vont se retrouver en danger. Il y en a 23 au Saguenay-Lac-Saint-Jean et 11 sur la Côte-Nord. Dans ce rapport, on ne pense qu’à protéger le caribou et pas les communautés forestières, ça n’a pas de sens », déclare, déçu, le président.

Il réagit ainsi au dépôt le lundi 22 août du rapport final de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards. La Commission y fait 35 recommandations, dont l’implantation, le plus rapidement possible, d’une stratégie de protection adéquate qui passerait notamment par la création d’aires protégées au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord. Aussi, on propose de réduire les impacts des humains en forêt en conservant le moins de routes forestières possible et d’imposer un moratoire sur l’octroi de baux de villégiatures.

« On veut en plus fermer l’accès à la forêt, ça n’a pas de sens! Ça ne passera pas dans nos régions. Les gens cohabitent avec la forêt pour la pêche et la chasse. On ne peut appliquer des recommandations mur à mur, ça ne marchera pas. »

Inquiétudes partagées

Ces craintes sont partagées par Alain Paradis, Président-directeur général de Produits forestiers Petit Paris, qui a signé une lettre ouverte pour démontrer toute son indignation.

« Le fait de ne montrer qu’un côté de la médaille et ainsi diaboliser le secteur forestier démontre l’irresponsabilité et le mépris envers les communautés qui vivent de l’exploitation forestière. Il est étrange de constater que les commissaires n’ont pas tenu compte de nos recommandations qui préconisaient une prudence afin d’empêcher un prix à payer socialement et économiquement trop élevé pour ces communautés. Mais peine perdue, le prix à payer sera très élevé. »

Il déplore que la protection absolue de cette espèce vulnérable l’emporte au détriment des communautés forestières.

« En vérité, même si cela peut choquer certain, la majorité des 35 recommandations des commissaires signifient le sacrifice de centaines d’emplois et tout un mur de l’économie en région pour sauver 7 caribous à Val-D’Or, 17 caribous dans Charlevoix, 35 en Gaspésie et 177 au Pipmuacan. »

Dans les mains du ministre

Yanick Baillargeon s’en remet donc au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour.

« On ne peut absolument pas protéger le caribou au détriment des travailleurs. Nos communautés forestières sont en danger et nous comptons sur le ministre Dufour pour assurer leur protection. »

Il entend bien profiter de la campagne électorale pour obtenir des engagements clairs des candidats en lice. « La CAQ dit que c’est un gouvernement des régions, c’est le temps de le prouver! »

Yanick Baillargeon déplore que la Commission n’ait pas retenu les recommandations contenues dans le mémoire d’AFB, dont celle de mesurer les impacts des changements climatiques sur l’espèce.

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