«Quelque part une personne respire pour elle» – Colette Ouellet

Par Laurie Fortin
«Quelque part une personne respire pour elle» – Colette Ouellet

DON D’ORGANES.Colette Ouellet a perdu sa fille au mois de mai 2013. Ce fut une lourde perte pour elle et leur famille, mais de recevoir une lettre d’une personne ayant reçu ses deux poumons lui a donné un baume sur le cœur.

C’est en lisant l’article de Linda Tremblay, récemment greffée du foie, dans l’édition de la semaine dernière, que des sentiments forts ont refait surface chez Mme Ouellet.

«Ma fille est décédée il y a un an et demi, d’une hémorragie cérébrale sévère. Il ne pouvait rien faire pour la sauver. […] Je comprends l’importance de signer sa carte parce qu’elle-même a donné plusieurs de ses organes», a tenu à confier Mme Ouellet au Journal Le Lac-St-Jean.

À 48 ans, étant en bonne santé physique, Nathalie Tremblay a effectivement pu donner son cœur, ses deux poumons, ses deux reins et son foie. Grâce à elle, ce sont cinq greffés qui ont ainsi pu poursuivre leur vie.

«Quelque part, une personne respire pour elle», se plait à penser Mme Ouellet, qui apprécie le fait d’avoir reçu une lettre anonyme de la personne qui a reçu ses poumons, quatre mois après son décès.

«Les gens qui reçoivent des organes ne pensent peut-être pas que pour les donneurs ou leur famille cela peut être très apprécié. Mais quel réconfort, quel baume sur nos plaies d’apprendre que quelque part, il y a une personne qui respire avec ses poumons.»

Que la volonté d’entrer en contact vienne du donneur, sa famille ou du receveur, transplant Québec agit à titre d’intermédiaire et l’anonymat est toujours préservé.

Mme Ouellet explique que bien que la culpabilité puisse submerger le receveur, l’empêchant ainsi d’exprimer sa gratitude envers le donneur, pour elle et sa famille recevoir la lettre leur a permis de continuer leur cheminement.

Cérémonie de reconnaissance

À la fin du mois d’octobre, Mme Ouellet a assisté à la 21e cérémonie de reconnaissance à la Basilique-cathédrale Saint-Michel à Sherbrooke, organisée par l’Association canadienne des dons d’organes (ACDO). Cet événement annuel a pour but de reconnaitre de façon protocolaire les donneurs d’organes à titre posthume et les donneurs vivants.

«Ce fut une magnifique et grandiose cérémonie! Les noms de toutes les personnes qui ont donné un organe ont été inscrits sur des pierres que nous allions voir à la fin de la cérémonie, au cénotaphe. Plusieurs dignitaires étaient présents. Pas militaire, cornemuse, photographe, chants: tout avait été préparé pour rendre la cérémonie officielle et mémorable», de lancer Colette Ouellet.

Une fois de plus, elle et les autres personnes présentes ont grâce à cette cérémonie, réussi à avancer un peu plus dans leur cheminement de deuil.

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