Malgré la pétition lancée à cet effet le 31 août dernier, il serait surprenant de voir la Pointe-des-Américains changer de nom.
Jusqu’à maintenant, la pétition initiée par l’Almatoise Thérèse Munger a récolté 1 819 signatures.
Lors de son plus récent conseil municipal, la Ville d’Alma a pour sa part expliqué qu’elle n’avait plus ou moins aucun poids dans le processus décisionnaire de la Commission de toponymie du Québec dans le cas de la Pointe-des-Américains.
« La Commission de toponymie du Québec a communiqué avec nous pour nous informer que la pétition qui a cours à l’heure actuelle ne peut pas être présentée à la Ville d’Alma parce que la Pointe-des-Américains a officiellement été nommée de cette façon par la Commission elle-même. Donc, si les gens veulent changer le nom de la Pointe, ils doivent eux-mêmes envoyer leur pétition à la Commission. Nous, on ne peut faire aucun changement », a précisé la mairesse d’Alma, Sylvie Beaumont.
Or, si on se fie aux critères de la Commission de toponymie du Québec, il semble improbable que la pétition puisse effectivement mener à la rebaptisation de la Pointe-des-Américains. Dès le départ, il est spécifié que « les toponymes dont l’usage est le mieux établi doivent avoir priorité s’ils ne dérogent pas à d’autres critères ». De plus, il est indiqué que « l’un des principaux critères de choix appliqués par la Commission prévoit que l’on doit éviter les choix susceptibles de provoquer ou d’alimenter une dissension ».
Une intention mal comprise?
Précisons que bien qu’il soit intuitif de le penser — c’est d’ailleurs ce qui a été relayé dans divers médias — il apparaît que l’intention de Thérèse Munger n’a jamais été tant de faire un pied de nez à l’administration américaine plus que de simplement rebaptiser le site de telle sorte que son nom reflète davantage l’utilisation actuelle qui en est faite.
Dans la section servant à justifier la pétition, l’Almatoise explique d’entrée de jeu que « la Pointe-des-Américains doit refléter la communauté locale et non plus un passé révolu ». Si son désir de renommer la Pointe découle, ne serait-ce que partiellement, d’un ressentiment vis-à-vis de Donald Trump et de sa décision de changer la toponymie du lac Ontario au sud de la frontière américaine, nulle part ne le sous-entend-t-elle dans le reste de son plaidoyer.
« La Pointe-des-Américains, poursuit l’Almatoise, autrefois connue comme un club de pêche privé pour nos voisins américains a évolué. Aujourd'hui, c'est un espace vert où chaque citoyen d'Alma peut se retrouver en harmonie avec la nature. Cet espace magnifique nous appartient à nous, les Almatois. Le nom "Pointe des Américains" n'est plus représentatif de ce lieu qui est désormais un cœur battant de notre communauté. Nous nous retrouvons là pour des pique-niques en famille, des promenades tranquilles, et des retrouvailles communautaires organisées par nos propres citoyens. »
En somme, Thérèse Munger estime qu’en renommant, par exemple, la Pointe-des-Américains la « Pointe-des-Almatois », l’identité du site serait « plus ancrée dans celle des habitants qui le chérissent véritablement ».
L’Almatoise fait également valoir que « cet espace est un patrimoine commun, un symbole de notre engagement en faveur des espaces verts accessibles à tous », et qu’un « simple changement de nom renforcerait notre sentiment d'appartenance et le respect que nous avons pour notre environnement local ».


