Plusieus dizaines d’acteurs de l’industrie agroalimentaire se sont réunis, hier, à l’occasion d’un colloque visant à souligner le 30e anniversaire d’Agrinova, le centre collégial de transfert technologique (CCTT) en agriculture affilié au Collège d’Alma. L’évènement s’est déroulé sous le thème « Agrinova : 30 ans à cultiver l'innovation », avec un accent particulier sur la circularité et l'économie circulaire en agriculture.
Le directeur général d’Agrinova, François Tremblay, explique la notion de circularité appliquée au milieu agricole. « La circularité a plusieurs niveaux. Il y a entre autres la circularité des connaissances, dans le cadre de laquelle des acteurs comme Agrinova vont générer de nouvelles connaissances, les rendre applicables, puis vont les transférer aux producteurs pour qu’ils puissent s’en servir sur le terrain et ainsi améliorer et optimiser leurs pratiques. »
Selon François Tremblay, un tel transfert de connaissances s’avère particulièrement crucial depuis quelques années. « Avec les réalités d’aujourd’hui, dit-il, les entreprises agricoles font face à des défis importants par rapport aux marchés, aux politiques gouvernementales, aux changements climatiques, à la rapidité de l’évolution technologique, etc. Les gestionnaires d’entreprises agricoles doivent gérer le risque et le prévoir plus que jamais auparavant. Donc, il est impératif que les producteurs s’entourent de gens compétents qui ont de l’expertise pour se faire aider dans cette grande transition-là.
Quant au concept d’économie circulaire, peut-être un peu mieux connu, il consiste en un modèle économique visant à réduire le gaspillage des ressources en favorisant la réutilisation, la réparation, le recyclage et la valorisation des matières. Contrairement à l’économie linéaire, qui consiste à extraire, produire, consommer et jeter, elle cherche à prolonger la durée de vie des produits et à réintroduire les matières dans le cycle de production.
Dans le contexte agricole, ce modèle peut par exemple se traduire par une ferme laitière fournissant du fumier à une entreprise maraîchère pour fertiliser ses sols, par une entreprise de transformation alimentaire remettant ses résidus végétaux à un éleveur pour nourrir ses animaux lorsque ces résidus sont adaptés à leur alimentation, ou encore par des producteurs forestiers et agricoles qui collaborent pour valoriser la biomasse résiduelle dans la production d’énergie ou de matériaux.
Déroulement du colloque
Le colloque s’est ouvert avec une conférence de l’agronome et économiste Pascal Thériault. Après une pause réseautage, s’en est suivi, en avant-midi et en après-midi, un bloc de quatre ateliers sous les thèmes « Réduire notre empreinte environnementale », « De résidus à ressources : l’économie circulaire au cœur des filières agricoles », « Adaptation des pratiques agricoles aux réalités climatiques » et « Agriculture intelligente : technologies au service de la durabilité ».
À la suite d’une autre pause réseautage, la journée s’est conclue par un panel de discussion. Les échanges s’y sont cette fois déroulés sous le thème « La science qui rapporte : investir aujourd’hui pour transformer demain ».



