Après avoir fait découvrir les beautés de l’univers à des milliers de personnes grâce à ses activités de vulgarisation scientifique et son planétarium mobile, l’astrophotographe et chasseur d’étoiles Stéphane Simard franchit une nouvelle étape. Son nouveau spectacle Iosphère, qui combine des images immersives qu’il a captées et de la musique originale créée en direct, sera bientôt présenté à Saint-Charles-de-Bourget.
Il se déroulera à l’intérieur d’un dôme géodésique de sept mètres de diamètre, installé dans l’église. À l’intérieur, les spectateurs seront entourés d’images astronomiques projetées sur une immense surface courbe pendant que des musiciens interpréteront la trame sonore.
« C’est comme un cinéma IMAX. À l’arrière, l’image est haute et descend vers le bas. Au niveau de la qualité, on est ailleurs », explique Stéphane Simard.
L’idée d’Iosphère vient de l’autre passion qu’a Stéphane Simard : la musique.
Musicien lui-même, il a longtemps joué avec différents groupes. C’est d’ailleurs à la suite d’un spectacle présenté à Larouche qu’il a pu s’acheter son premier télescope.
« Quand on présente des images d’astronomie avec un bon fond musical, c’est beau. Je me suis dit : pourquoi ne pas essayer avec des musiciens à l’intérieur du dôme? »
Un premier test a été effectué l’hiver dernier à l’école Sainte-Marie-Médiatrice de Jonquière. Trois musiciens ont alors expérimenté les possibilités offertes par l’espace fermé du dôme.
Avec Stéphane Simard à la guitare, le spectacle réunit le batteur professionnel David Simard, qui a travaillé avec le Cirque du Soleil, Québec Issime et plusieurs artistes dont Jeanick Fournier, ainsi que Gabriel Gaudreault-Gagné, musicien et créateur ayant participé à plusieurs projets musicaux.
« Quand on est sortis, on avait un grand sourire et on s’est dit qu’on tenait quelque chose », raconte Stéphane Simard.
Un dôme pas comme les autres
La recherche d’un équipement adapté a toutefois représenté un défi. Après avoir expérimenté un dôme gonflable, l’équipe a constaté ses limites, notamment sur le plan visuel et acoustique.
Stéphane Simard s’est alors intéressé aux dômes géodésiques, dont la structure rigide permet de conserver une surface stable pour les projections.
Le prix représentait cependant un obstacle important. Un fabricant de Sherbrooke lui a parlé d’un investissement de plus de 80 000 $. Une occasion s’est finalement présentée lorsque le Musée de la civilisation a décidé de se départir d’un de ses dômes.
« Il le vendait au tiers du prix habituel. On a fait une offre d’achat qui a été acceptée. Je n’avais pas le choix d’avoir ça », explique-t-il.
L’équipe a ensuite fait appel à un technicien du son ayant travaillé pendant 20 ans avec le Cirque du Soleil afin de réaliser des tests acoustiques. Le résultat a permis de finaliser une trame sonore originale.
Un spectacle intimiste
Iosphère pourra accueillir entre 22 et 25 personnes par représentation. Cette formule volontairement intime permet aux spectateurs d’être à proximité des musiciens tout en profitant des projections.
Les premiers essais réalisés lors du Festival Le 7e ciel de Saint-Charles, en août dernier, avaient déjà suscité des réactions enthousiastes.
« Les gens nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas croire qu’on a fait à Saint-Charles un spectacle d’une aussi grande qualité », rapporte Stéphane Simard.
Ce spectacle sera donc de retour les 19, 20 et 21 novembre, avec une représentation supplémentaire le 22 novembre. Plusieurs représentations sont prévues et les billets seront disponibles sur le site Web de son entreprise, Maeastrophoto.
Une porte ouverte sur le ciel
Le choix de Saint-Charles-de-Bourget n’est pas dû au hasard. Stéphane Simard souhaite éventuellement y accueillir des groupes scolaires pour leur offrir une expérience combinant spectacle visuel, enseignement et observation du ciel.
Il dispose notamment de 22 télescopes et offre déjà des activités d’initiation à l’astronomie.
« L’avantage à Saint-Charles, c’est l’accès au ciel. Dans les villes comme Jonquière, il y a de la pollution lumineuse, alors qu’ici on voit la Voie lactée, les nébuleuses, etc. »
À plus long terme, Stéphane Simard souhaite faire de Saint-Charles-de-Bourget un point d’ancrage pour Iosphère.
« On veut être ici à l’année. On va prouver aux gens d’ici qu’on va combler nos 300 places à vendre parce qu’on a une qualité de spectacle. »
