Festirame : 46 ans de souvenirs mémorables

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Par Janick Émond
Festirame : 46 ans de souvenirs mémorables
(Photo : Courtoisie)

La pandémie a forcé l’annulation de nombreux festivals cet été, dont Festirame, qui aurait dû avoir lieu du 2 au 11 juillet. Faute de pouvoir tenir l’événement, c’est l’occasion toute désignée pour faire un retour sur les moments marquants des éditions passées.

Les premiers spectacles de musique ont été présentés en 1982, soit neuf ans après la création de Festirame. Cette année-là, deux artistes se sont produits, le Groupe Tempo ainsi que Corbeau.

« Je m’en souviens, j’avais 12 ans à ce moment-là. J’étais allée voir Corbeau. Ça se passait sous une tente sur la rue Collard au centre-ville, à l’endroit où il y a maintenant la scène Cogeco. C’était mémorable ce show, avec la chanteuse Marjo. Je me souviens, un gars lui avait renversé de la bière sur son pied et elle lui avait donné un coup », se rappelle avec amusement Diane Villeneuve.

C’est en 1984 que Festirame a accueilli son premier grand groupe international, Honeymoon Suite.

« Je garde peu de souvenirs de leur premier passage, puisqu’ils sont revenus à quelques occasions. Ce que je peux dire par contre, c’est que c’était quelque chose d’avoir un aussi gros groupe à Alma », ajoute Diane.

Pour cette dernière, qui travaille pour Festivalma depuis maintenant 27 ans, les spectacles les plus marquants pour Festirame furent ceux de Kim Mitchell et Roger Hodgson en 98, et celui de Jeff Healey en 96.

« Juste repenser à Jeff Healey et j’ai des frissons. C’était incroyable. Mais à mon avis, le plus mémorable de tous est celui de Roger Hodgson. Il était seul avec son piano, mais c’était incroyable, tout le monde capotait. Il aurait pu jouer toute la nuit et personne ne serait parti. »

1987

L’édition de 87 est certainement l’une des plus grosses aujourd’hui. On y retrouvait Francis Cabrel, mais également Céline Dion.

« À ce moment-là, Céline commençait, elle en était à ses débuts. C’était assurément une bonne prise à l’époque, mais elle était très jeune et elle n’avait pas une aussi grosse réputation. Ça demeure tout de même assez marquant comme moment », souligne Janie Maltais.

D’autres grands artistes ont également passé par Festirame, tels que Lara Fabian, juste avant son départ en Europe, de même que Samantha Fox.

« Pour Samantha Fox, je me souviens qu’il y avait beaucoup de longues-vues », s’esclaffe Diane.

Des artistes québécois au cœur des meilleurs souvenirs

Au fil des années, Festirame a toujours fait une belle place aux artistes québécois. Ils ont d’ailleurs suscité plusieurs beaux moments marquants au festival.

Éric Lapointe est sans contre dit l’artiste qui s’est produit le plus. Il a fait sa première apparition à Festirame en 96. Au total, le rockeur est monté sept fois sur la scène du festival.

« C’est un artiste très populaire au Québec et il continue d’attirer les foules en grand nombre. Dans les sondages, c’est aussi un nom qui revient souvent », mentionne la DG de Festivalma, Janie Maltais.

« Les gens disent quand même qu’il vient tout le temps, qu’il est toujours sur la programmation, mais en fait, il revient une fois tous les quatre ans environ ! Ce qui fait que les gens pensent qu’Éric Lapointe est toujours là, c’est probablement parce qu’il fait toujours plein de festivals, mais aussi parce qu’il est un régulier depuis plus de 20 ans ici », ajoute à cela l’adjointe administrative à Festivalma, Diane Villeneuve.

Les Colocs

Le légendaire groupe québécois Les Colocs, est passé une seule fois à Festirame en 95. C’est assurément l’un des plus beaux souvenirs de l’évènement.

« J’en ai des frissons à y repenser, je vais toujours m’en souvenir. C’était incroyable, il y avait tellement de monde, Dédé avait donné tout qu’un show », mentionne Diane.

Bob Bissonnette

Le coloré Bob Bisonnette est passé à Alma en 2015, un an avant son décès dans un accident d’hélicoptère. Seulement de mentionner son nom a ravivé de nombreux souvenirs dans la tête des deux femmes.

Si aujourd’hui, le spectacle de Bob a été un moment fort dans l’histoire de Festirame, de nombreux doutes étant présents avant de l’inviter.

« Je me souviens, c’était ma première année comme DG, et l’équipe avait pris l’initiative de l’amener au festival, mais moi je venais d’arriver et je ne le connaissais pas. Quand j’ai vu ce qu’il faisait, je n’étais pas sûr, surtout dans la programmation de cette année-là. J’ai pogné quelque chose en voyant son stock. Mais l’équipe semblait très confiante, donc on l’a invité. Finalement, wow ! Quelle soirée ç’a été ! », dit Janie Maltais.

Elle ajoute que ça avait été un si bon coup, qu’une entente avec Bob avait été faite afin qu’il revienne en 2017.

« Finalement, c’est un groupe hommage qui est venu, et ça avait été un super beau moment », conclut-elle.

L’humour a toujours eu sa place à Festirame

Le volet humour a également toujours été présent lors de Festirame. De gros noms y sont passés, et d’autres y ont pratiquement amorcé leur carrière.

C’est en 84, deux ans après le début des spectacles à Festirame, qu’on retrouve le premier spectacle d’humour. À ce moment, c’est Juste pour rire qui était venu avec quelques humoristes.

L’année suivante, en 85, un certain Michel Barrette et le Groupe Sanguin, avec notamment les artistes saguenéens Dany Turcotte et Marie-Lise Pilote, ont joué à Festirame.

« En 86, il y a eu Daniel Lemire qui est venu et il était très connu à ce moment. Mais un très gros nom qui est venu, c’est André-Philippe Gagnon en 91. À cette époque, sa carrière explosait à l’international. C’était un gros coup de l’avoir à Alma », indique Diane Villeneuve, qui travaille pour Festivalma depuis 27 ans.

D’autres grosses pointures sont également venues, comme Anthony Kavanagh, Martin Matte ou encore Philippe Bond.

« Lui, Philippe, c’est un très beau souvenir qu’on en garde. Il a vraiment adoré son expérience en 2017, il a parlé de long et en large de son passage ici dans son livre, avec plein d’images en plus. Il en parlait même à la télé dans les jours et semaines suivantes », laisse savoir la DG de Festivalma, Janie Maltais.

Elle ajoute que l’humour a d’ailleurs toujours très bien fonctionné à Festirame.

« Le monde aime ça et ils attendent toujours le soir d’humour. On l’a bien vu l’an dernier avec Marianna Mazza. C’est un soir que les gens attendent, l’ambiance est différente et c’est très plaisant. »

Défi

Avec un tel succès lors de ses soirées, l’objectif de l’organisation demeure donc de toujours avoir au moins un humoriste par année. Ça fait maintenant partie de la tradition, comme laisse entendre Janie.

C’est toutefois un défi de trouver un humoriste pour venir au festival.

« La réputation de Festirame nous aide, c’est certain, à amener les humoristes. Mais la difficulté, c’est qu’ils veulent faire leur tournée en salles avant de venir jouer en extérieur comme ça. Il y a tout un timing à avoir. »

Avec la situation de pandémie actuelle, et toutes les tournées qui sont mises sur pause, Janie Maltais s’attend à ce que le défi soit encore plus relevé pour l’an prochain.

 

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