La Moisson d'Alma dénonce les agissements de Moisson Saguenay

La Moisson d'Alma dénonce les agissements de Moisson Saguenay

La direction de la Moisson d’Alma dénonce les agissements du Centre de distribution alimentaire Moisson Saguenay—Lac-Saint-Jean qui envoie régulièrement des produits qui sont soit non comestibles ou pire, tout simplement impropres à la consommation.

Mercredi dernier, la goutte a fait déborder le vase au moment où Moisson Alma recevait un arrivage de 1040 kilogrammes de produits répertoriés comme étant de la nourriture.

Au même moment, les membres du conseil d’administration étaient sur place pour constater le tout et ont décidé de communiquer avec Le Journal Le Lac-St-Jean pour dénoncer la situation qui perdure depuis plusieurs mois, voir années. De par leurs contacts avec d’autres organismes du secteur Lac-St-Jean comparables à la Moisson d’Alma et qui reçoivent des produits de Moisson Saguenay—Lac-St-Jean, la même situation est vécue ailleurs également.

Malgré les multiples démarches pour tenter de discuter avec la direction de Moisson Saguenay—Lac-St-Jean pour parler de la situation, toutes les démarches sont demeurées lettre morte.

Des produits impropres à la consommation

La dernière livraison à Moisson d’Alma pesait 1040 kilogrammes de produits supposés être alimentaires. Une fois le tri effectué, on a retiré 170 kilos de produits qui sont non comestibles comme de la liqueur, de l’eau gazéifiée, des produits ménagers mais surtout, des cannes de conserves totalement impropres à la consommation ou des produits dont l’emballage était altéré et sur lesquels on pouvait apercevoir des traces de pourriture et de moisissure.

« J’ai eu 970 kilos dans la réel et c’est la première fois que j’ai eu de la viande, j’en ai eu trois caisses car ils ne nous en donnaient pas depuis toutes ces années-là. C’est arrivé une fois de façon exceptionnelle. Toutes les cannes qui sont là, ce n’est pas normal. Selon le Bilan faim qui est un portrait que chaque organisme dresse de sa clientèle, on est en haut de la liste dans toute la région, c’est Moisson d’Alma. C’est nous qui devrait recevoir le plus de nourriture dans toute la région et là, de toute évidence, on ne reçoit pas notre quota équilibré de ce que l’on devrait avoir et ça, depuis des années », constate Judith Beauchemin, directrice générale de l’organisme qui accueille plus de 800 clients par mois et dont l’unique mission est d’offrir de la nourriture aux plus démunis.

Cette situation n’est pas un cas isolé car à chacune des livraisons, le personnel de la Moisson d’Alma doit effectuer un tri et jeter plusieurs dizaines de kilos de produits qui sont tout simplement impropres à la consommation. Juste après les Fêtes, l’organisme a reçu des gâteaux et des tartes et il y avait déjà de la moisissure sur le dessus.

Normalement, le tri devrait être effectué à l’entrepôt de Moisson Saguenay qui a par la suite le mandat de distribuer cette nourriture vers les quelque 75 organismes accrédités.

Cette situation est d’autant plus déplorable que le personnel de la Moisson d’Alma doit vider ces cannes impropres à la consommation et s’en départir selon les règles de procédure du MAPAQ. Notamment, beaucoup de ces produits sont à base de tomate avec des risques élevés de botulisme.

Du côté de la Moisson d’Alma, tout un protocole a été mis en place pour mener à bien sa mission.

« On ne peut pas accepter ça et on demande des réponses et que les choses changent », exige finalement Michel Jean, président de la Moisson d’Alma.

De la part du MAPAQ: une note parfaite

Tous les employés de la Moisson d’Alma ont à cœur la qualité des produits et la salubrité des lieux. Lors de la dernière inspection du MAPAQ, début janvier, la Moisson d’Alma a obtenu une note parfaite de 100 sur 100.

Moisson Alma a mis en place tout un système de contrôle et un mode de travail qui fait en sorte que toute nourriture est traitée en conséquence des modes de manipulation et d’entreposage.

« On a une note de 100 % avec le MAPAQ, on en est bien fier et je le dis partout. Souvent les gens pensent que parce que l’on travaille avec des démunis, on va être malpropre. C’est vrai qu’ici, c’est très laid, oui, c’est laid, mais c’est propre. Tous les jours, tout est désinfecté avec des produits industriels, on est obligé de respecter ces normes-là. On est formé MAPAQ comme gestionnaires et manipulatrices », précise la directrice générale Judith Beauchemin.

Chaque produit alimentaire qui arrive est soumis à une sévère inspection, chaque canne est évaluée une à une et au moindre doute, le produit est détruit.

« On respecte les règles du MAPAQ et on prend les gens comme des humains et non pas comme du bétail », tranche la directrice.

Donc, tout ce qui arrive de la part de Moisson Saguenay—Lac-St-Jean fait l’objet d’une double surveillance, ce qui demande plus de temps et d’énergie avec les produits rejetés.

« À chaque fois que je reçois mes commandes, je les appelle pour leur dire ce qui s’est passé, ils me disent qu’ils vont changer ça, mais il n’y a aucun espèce de changement. C’est toujours à recommencer. Ça me coûte des frais en temps, en encadrement, en personnel à refaire le tri. Ce n’est pas normal de refaire le tri d’un organisme dont c’est sa job de le faire », de conclure Judith Beauchemin.

Mais, en bout de ligne, chaque produit qui est remis à un client de la Moisson d’Alma a fait l’objet de vives attentions pour s’assurer de sa qualité.

Pour connaître la réplique du président du conseil d’administration de Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean, cliquez sur ce lien.

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